JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES

Le projet photographique de « Femmes battues » prend place dans un ensemble d’actions professionnelles que mènent les étudiantes du BTS services et prestations sanitaires et sociales de l’école Adonis. Leur proposition sort du cadre et s’expose au Rocher de Palmer.

Difficile d’ignorer chiffres, prénoms et dates qui s’affichent sur les murs, qu’ils soient virtuels ou bien réels dans nos villes. Il semble tout aussi malaisé de mettre en doute les dénonciations qui se multiplient et les changements qui s’opèrent : les violences faites aux femmes et leurs effets, à défaut d’être plus nombreux qu’avant, semblent davantage examinés, vus, entendus. Parce qu’elles constatent que le combat contre ces violences se réalise davantage auprès des femmes ayant entre trente et quarante ans et parce que, comme elles, les personnes auprès de qui elles évoluent sont plus jeunes, les étudiantes du BTS services et prestations sanitaires et sociales décident, l’année dernière, de s’adresser à leurs camarades. Accompagnées de leur enseignante, elles cherchent à se faire une idée plus précise de la réalité de la situation et mènent une veille documentaire sur le sujet des violences conjugales et faites aux femmes, visionnent des reportages, recueillent chiffres, pourcentages et statistiques.
Les élèves de la classe (qui ne comporte aucun homme !) décident de se mettre en scène, simulant dans leurs attitudes et grâce à du maquillage les traces de coups et les effets des brutalités verbales ou psychologiques auxquelles certaines jeunes femmes font ou sont susceptibles de faire face. La dégradation physique due à ces violences s’expose crescendo, du rire aux larmes, sur des photos que les étudiantes impriment et accrochent dans le hall et les escaliers de leur école. Les images sont associées à des citations de questions, insultes ou injonctions relevées dans les reportages et documentaires qu’elles ont visionnés : l’inscription « Bonjour ma chérie » accompagne ainsi la photo d’un visage rieur tandis que « Lève-toi ! Arrête ton cinéma ! » commente l’image d’un corps recroquevillé par terre ou « Je suis tombée dans la douche » celle d’un visage tuméfié. À l’époque, pour toucher ceux, parfois plus jeunes et sensibilisés aux médias numériques, elles décident de créer un effet d’annonce avec une affiche faisant littéralement référence au réseau social Snapchat et garde le thème de l’exposition secret, en en indiquant simplement les dates.
À la suite de l’exposition au sein de l’école et afin d’étoffer le projet, leur enseignante contacte la Maison de Simone, à Pessac. Créée il y a plus de dix ans, cette association accueille, informe et accompagne des femmes victimes de violences conjugales et met, à chaque assemblée générale, un projet « extérieur » à l’honneur. Celui des étudiantes du BTS services et prestations sanitaires et sociales est retenu et exposé au sein de la Maison de Simone. Leurs photos suscitent l’intérêt du Conseil départemental et du Rocher de Palmer, qui propose des expositions essentiellement photographiques dans les galeries et le café. C’est là que les étudiantes sortent un peu plus du cadre, sensibilisent et proposent leur vision jusqu’à la fin du mois de mars, balisé le 8 par la journée internationale des droits des femmes.

Séréna Evely

« Femmes battues »,
du mardi 3 au vendredi 27 mars,
Le Rocher de Palmer, Cenon (33).
lerocherdepalmer.fr
www.groupe-adonis.fr