MIMOS – Créé en 1983, le rendez-vous est devenu l’un des plus grands festivals européens des arts du mime et du geste d’Europe. Pendant 5 jours, dans les rues, les jardins publics et les salles de spectacles de Périgueux, un reflet subjectif de tout ce qui repose sur le corps.

Du mime, du théâtre gestuel, de la performance corporelle, de la danse, du cirque, du théâtre d’objets, des marionnettes, un in, un off (avec un prix du public et un prix du jury), des événements satellites, voici Mimos, LE temps fort du genre, 39e édition au compteur, et toujours bien décidé à en découdre début juillet. Dans les chiffres, près de 150 représentations en 5 jours. Dans les faits, tous les espaces publics de la préfecture de la Dordogne s’offrent comme scènes.

En guise d’apéritif, Horizon, création circassienne de la compagnie L’Oublié(e), dirigée par la superstar Raphaëlle Boitel (artiste associée à l’Agora Pôle national cirque Boulazac Aquitaine), aperçue en 2019 sur les toits de l’Opéra de Bordeaux (dans le cadre de la saison culturelle Liberté !), qui va s’emparer amoureusement de la cathédrale Saint-Front, monument emblématique de la ville. Circassiens, free runners et acrobates urbains, investiront l’intérieur de la cathédrale puis les toits byzantins de ce monument historique, classé au Patrimoine mondial.

Perceptions, Cie-Bivouac, crédit photo : Alain Souloumaniac

Cette mise en bouche confirme l’appétit retrouvé après une annulation en 2020 et une formule resserrée en 2021. Soit une quinzaine de compagnies, majoritairement françaises, mais aussi d’Espagne, d’Angleterre, de Suisse et de Belgique. Surtout, 2022, voit Mimos placé sous le signe de la rencontre entre les arts scéniques et graphiques. Pour Nathalie Elain, directrice de la scène conventionnée L’Odyssée et du festival, « le mime a affaire avec la caricature. Le trait peut dire les choses autrement que la parole ». Illustration : le regard de quatre dessinateurs au quotidien pour une exposition work in progress proposée au Village du Festival.

Retour attendu, Gandini Juggling, qui, après les pommes de Smashed, remarquée en 2015, propose Smashed 2 : 7 femmes, 2 hommes, 80 oranges et 9 pastèques sous la haute influence de Pina Bausch ! Autre retour, celui des Basques de Kukai Dantza avec Oskara, union de deux univers chorégraphiques et deux regards tournés vers la danse entre les racines les plus populaires et l’expression la plus avant-gardiste. Au jardin de Vésone, la compagnie Bivouac propose avec Perceptions un voyage au cœur de l’imaginaire quantique où l’infiniment grand se mêle à l’infiniment petit. Des équations se déploient sur une structure en diffraction révélant des particules élémentaires inconnues, un espace et une temporalité relative, des dimensions parallèles… Une réalité d’ordinaire invisible à l’œil nu ne tarde pas à émerger dans l’oculaire.

À découvrir, la compagnie toulousaine HMG qui, dans 080, évoque l’histoire d’un être imaginaire. Théâtre d’objets et marionnettes dans les jardins de l’Espace culturel François-Mitterrand avec notamment Nathalie Dufraisse mais aussi Camille Boitel, le frère de Raphaëlle. Dernier point et non des moindres, Mimos 2022 est dédié à la mémoire de Peter Bu, directeur de Mimos de 1987 à 2002. 
Hester Mofet

Mimos – Festival des arts du mime et du geste
Du mercredi 6 au dimanche 10 juillet, Périgueux (24)
www.mimos.fr