Les rives d’un estuaire, une ville africaine, une île aride, une forêt nocturne, un quartier pluvieux, un jardin tropical, une maison délabrée : autant de lieux où se déroulent des incidents d’apparence anodine qui constitueront pourtant des rencontres décisives pour chacun des personnages des huit nouvelles réunies ici.
Chantal Detcherry nous entraîne vers des contrées où le proche tout autant que le lointain sont sujets d’interrogation. Des surgissements, le plus souvent issus du monde naturel, semblent proposer des signes à déchiffrer. Entre séduction et menace, ils tissent un climat de tension et d’indéfinissable trouble. Un déséquilibre subtil vient miner le monde connu, introduire dans l’esprit du lecteur un fort sentiment d’inquiétante étrangeté. L’auteur nous invite à la suivre dans son monde empreint à la fois de magie et de délicatesse. Son écriture précise et poétique nous enveloppe le soir au crépuscule.
Cet ouvrage a reçu le prix de la nouvelle de l’Académie française 2020.
Auteure de l’ailleurs aussi bien que de l’intime, Chantal Detcherry a publié des livres d’impressions de voyage sur l’Inde, le Népal, la Grèce, ainsi que de la poésie, des romans et des récits enracinés en Aquitaine, sa terre natale. Docteur ès lettres, elle a été distinguée par le prix Ardua Yolande Legrand, en 2016, pour l’ensemble de son oeuvre. Elle a également reçu le Grand Prix littéraire d’Aquitaine pour le roman Riches heures (Fédérop, 2005) ainsi que le Grand Prix de poésie contemporaine PoésYvelines 2006 pour le poème En ce jardin où je m’avance (Pleine Page, 2006).

Histoires à lire au crépuscule
Chantal Detcherry

Éditions Passiflore


« J’ai voulu mettre en relief les aspects journalistiques, politiques et philosophiques de Goya. C’était un peintre, un grand artiste, mais il avait le regard d’un reporter qui savait observer, raconter la société et les événements de son temps. » Ainsi s’exprime Maria Santos-Sainz, ancienne directrice de l’Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine, qui a noué avec son illustre compatriote un lien particulier depuis l’enfance lorsqu’elle admirait ses toiles au Prado.
Avec Le Dernier Goya, elle retrace la vie du peintre à Bordeaux pendant ses quatre dernières années (1824-1828). Une période d’une grande intensité et créativité artistique. Francisco de Goya y Lucientes affirme son autonomie et sa liberté, à partir des dessins et de l’expérimentation des nouvelles techniques en lithographie. Précurseur du photo-journalisme, l’artiste devient chroniqueur de Bordeaux en s’intéressant aux invisibles de la ville. Voici un nouveau regard, peu abordé, d’un penseur et reporter en quête de vérité. Le livre explore son univers le plus intime, sa deuxième famille, le cercle d’amis, les sources de sa création ainsi que sa dimension journalistique, politique et philosophique. Ses dessins et portraits à Bordeaux ouvrent les portes de la modernité et restent d’une grande actualité.

Le Dernier Goya, de reporter de guerre à chroniqueur de Bordeaux
Maria Santos-Sainz

Cairn


Line up compile de magnifiques photographies de spots de surf de tous les océans. Des photographes du monde entier participent à cet ouvrage. Line up est un beau livre dédié aux vagues et au littoral, au terrain de jeu des surfeurs, mais aussi à notre bien le plus précieux : la planète océan.
Le line up des surfeurs est la zone où les vagues débutent leur déferlement. C’est l’endroit du take off, là où le surfeur se lève sur sa planche et s’élance dans le coeur de la vague, là où tout se joue, là où tout commence… Si le vent, les fonds marins, la marée, les courants s’accordent, alors la série de vagues va dérouler de façon ordonnée et régulière pour offrir au surfeur le plaisir d’une intense session de surf.
Le line up est le fruit rare de l’interaction aléatoire et tumultueuse des forces de la nature et de l’application stricte des lois de la physique.
La beauté d’une vague, voire sa perfection, demeure une affaire de jugement, mais la sélection proposée par Line up fera rêver tous les surfeurs.
Line up
thelineupbook.com


Au temps où beaucoup se plaignent d’un manque de modèles féminins, voici un livre rappelant les parcours singuliers de quatre femmes d’exception, personnalités fortes, de plus, très pénétrées d’un rapport puissant aux paysages, à la flore et à la faune du territoire, pré-écologistes à leur manière.
Sand, Colette, Baker et Beauvoir entre Corrèze, Limousin et vallée de la Dordogne bénéficie de contributions prestigieuses : la grande historienne Michelle Perrot ; Olivier Dard (professeur à la Sorbonne) ; François Soustre (historien corrézien). De très nombreuses images inconnues venant des collections de Nuage Vert – musée mobile vallée de la Dordogne enrichissent cet ouvrage.
Voilà l’occasion de découvrir des aspects nouveaux de l’histoire de ces femmes en Nouvelle-Aquitaine – avec même des anecdotes surprenantes comme cette lettre où Joséphine Baker, partant des Milandes, décline la proposition du château de Bity que Jacques Chirac va acquérir quelques mois après.
Sand, Colette, Baker et Beauvoir entre Corrèze, Limousin et vallée de la Dordogne
Sous la direction de Laurent Gervereau
Nuage Vert
www.lulu.com


La Réunion de famille est un des textes les plus personnels de Michel Suffran et cette, édition constitue la troisième après une parution en 1988 et une réédition sous le titre Une enfance en Aquitaine en 2000.
Ce pourrait être le livre simple d’une enfance que le présent rend miraculeuse, c’est avant tout le regard d’un homme qui se penche sur son passé en voulant éclairer sa « part obscure et radieuse » jusqu’alors transmuée en personnages de fiction, en souhaitant écouter la voix de l’enfant qu’il a été sans lui prêter des propos d’adulte. L’enfance du jeune garçon est comme fracturée par la guerre, avec un avant dans les rues sombres du Bordeaux brumeux de la petite enfance, et un après dans le paradis lot-et-garonnais, chez le grand-père paternel, à Mézin, où le gamin se taille un royaume réel et imaginaire à sa mesure.
Un livre conçu comme une échappée où retrouver le groupe immobile des acteurs du passé, comme dans le fameux tableau de Frédéric Bazille, La Réunion de famille, qui en est l’image de départ.
Un des textes les plus beaux de l’auteur bordelais qu’il convient de remettre à sa juste place, une des premières dans sa ville. Un livre de souvenirs sur le vert paradis de l’enfance qui a ici les contours d’un Lot-et-Garonne sublimé et d’un Bordeaux empreint de brouillard.
La Réunion de famille
Michel Suffran

Le Festin, Collection Les Merveilles, en coédition avec La petite machine à lire.


Depuis 2017, Virginie Lapeyre gare son Camion Photo Librairie à Contis Plage. Tout à la fois photographe et libraire, elle a publié Landes littorales, que l’on peut aisément classer dans le registre « beau livre ».
Cette affaire de famille, conçue à quatre mains, avec la complicité de sa tante Frédérique Hardy, s’appuie sur un programme tout sauf flou : la côte du nord au sud, via la nationale 10, les photos par la nièce, les mots par la tante.
Du lac de Cazaux-Sanguinet au courant d’Huchet, entre odeur des pins et sable bond, on y croise aussi bien un site d’essais de missiles que des gemmeurs, des hydravions et des derricks, Félix Arnaudin et le cottage de Woolsack, les 183 marches du phare de Contis et « la piste des Allemands », l’airial et la garluche, l’église de Saint-Martin de Lévignacq et les bosquets de bruyère, le sémaphore de Messanges (63 mètres sous la toise) et les villas basco-landaises d’Hossegor, l’Estèle de la Ma et la chapelle Sainte-Thérèse de Labenne-Océan…
Le format italien ajoute, si besoin était, à la rêverie. Introduction idéale pour les néophytes, must have pour qui porte en soi la magie du 40.

Landes littorales
Photos de Virginie Lapeyre
Textes de Frédérique Hardy

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