OS’O

Changement d’ambiance pour les cinq comédiens bordelais : tout en poursuivant la tournée de L’Assommoir, leur premier et lumineux spectacle, ils explorent, dans leur nouvelle création, X, leur côté sombre. Coincé aux confins du système solaire, un équipage en perdition attend la navette retour. Les tensions montent, les peurs et les sentiments enfouis remontent à la surface, les esprits s’échauffent…

Entretien avec Baptiste Girard par Henriette Peplez

Comment déniche-t-on un texte anglais à peine traduit et jamais monté en France ?

Chaque création nous invite à aller ailleurs : travailler avec un collectif d’auteurs pour Pavillon noir, ou prendre le temps (de chercher, de répéter avec des créateurs techniques auxquels nous souhaitions donner plus de place) pour cette nouvelle création. Et puis nous sommes un collectif d’acteurs, attachés aux rôles à défendre. La recherche du texte s’est faite avec Vanasay Khamphommala, que nous avons sollicité pour la direction d’acteur. Ensemble, nous avons cherché et lu beaucoup de pièces. Avec lui, nous sommes arrivés à un consensus sur le souhait d’un « soulèvement » : nous voulions que, tout d’un coup, la pièce que nous cherchions nous emmène ailleurs, là où on ne s’attend pas.

Comment votre choix s’est-il fixé sur ?

Vanasay Khamphommala avait vu X à la création anglaise au Royal Court Theatre de Londres. Les thématiques nous intéressaient, à savoir : la vie sur Terre, la colonisation, la question de l’humanité… Ce n’est pas un texte littéraire, mais une langue du quotidien. La pièce est très accessible et populaire. Vanasay a traduit la pièce pour nous, adaptée à la distribution des rôles, au plus près de ce que nous sommes.

Avez-vous rencontré l’auteur, Alistair McDowall ?

Oui. Ces rendez-vous ont confirmé que la lecture que l’on avait du texte était juste. Il était hyper-enthousiaste et ouvert aux adaptations. Son texte est exigeant mais hyper-accessible : les adolescents et les lycéens marchent à fond, les codes, la culture pop, ciné, ils les connaissent et s’amusent beaucoup. 

Avec X, vous sortez de votre environnement habituel, non ?

Aller chercher ailleurs, quitter sans repère ce que l’on fait d’habitude qui est plutôt marrant, c’était vertigineux. Jusqu’à la première à Brest. La réaction du public, les retours positifs des lycéens, entendre les spectateurs débattre entre eux et imaginer les pistes de résolution du polar qui se joue : tout nous a confortés dans notre choix.

Que raconte X ?

Après une énorme catastrophe, la Terre se meurt, les arbres ont disparu, les oiseaux aussi, le soleil est en train de décliner. L’idée est donc d’aller coloniser d’autres planètes : un équipage de chercheurs est expédié le plus loin de la Terre, sur Pluton. X est une réflexion sur le temps qui contient de nombreux niveaux de lecture différents. Le mystère de la pièce tourne autour de l’amour filial, des questions de transmission, et de ce qu’implique donner ou créer la vie…

©MathieuGervaise

Elle est traitée comme un thriller ?

C’est effrayant. L’auteur dit de la pièce que c’est entre Shining et La Cerisaie : un théâtre d’horreur associé à la nostalgie d’un monde qui disparaît. Les rapports des personnages entre eux, leur ennui, leur façon de meubler le temps dans un état de tension énorme rappellent en effet Tchekhov. Les rapports humains sont centraux. On peut, en tant que spectateur, se retrouver dans chacun des personnages, s’attacher à eux et être ému par leurs drames. Il y a des moments d’angoisse qui font vivre au spectateur un truc assez intense.

Pour la première fois, vous jouez avec un décor imposant.

Le collectif OS’O, c’est Vanasay, nous cinq et toute l’équipe de créateurs : scénographie, lumière, son. Cette base spatiale n’est pas seulement un décor, elle est devenue notre sixième personnage. On ne peut évidemment pas rivaliser avec les moyens du cinéma, mais la scénographie est conçue comme un grand écran 16/9 : on propose au spectateur de plonger dedans avec nous.

X, Collectif O’SO,

Du mardi 3 au samedi 14 novembre, 20h, sauf les 7 et 14/11, à 19h, relâche les 8, 9, 10 et 11/11, TnBA – salle Vauthier, Bordeaux (33).
www.tnba.org

mardi 17 novembre, 20h, Le Gallia, Saintes (17).
www.galliasaintes.com

mardi 8 décembre, 20h, Théâtre du Cloître, Bellac (87).
www.theatre-du-cloitre.fr

jeudi 8 avril 2021, 20h30, scène nationale d’Aubusson, Aubusson (23).
www.snaubusson.com

mardi 4 mai 2021, 20h, Le Champ de Foire, Saint-André-de-Cubzac (33).
www.lechampdefoire.org

jeudi 6 mai, 20h30, espace culturel Treulon, Bruges (33).
www.espacetreulon.fr