MAUD GEFFRAY.

Dans le cadre de la 9e édition du FIFIB, la moitié de Scratch Massive présente Still Life, subjectif hommage à Philip Glass. Une création inédite, conjuguant le règne des machines à la harpe de Laure Brisa, mise en images par Kevin Elamrani-Lince.

C’est l’histoire d’un défi. Audacieux, forcément. Celui lancé à la productrice électronique par le site Sourdoreille. À l’origine, un « hommage » à l’une des figures tutélaires de l’école minimaliste nord-américaine. Le partenaire retenu — un pianiste — n’étant plus disponible au bout d’un an, c’est à la harpiste hollandaise, Lavinia Meijer qu’échoit le la tâche.

Son choix — enfin ses choix — s’est porté sur deux pièces de l’œuvre pléthorique du compositeur : Einstein on the Beach (1976) et The Photographer (1982).Des souvenirs d’enfance dans lesquels Maud Geffray a instinctivement trouvé des passerelles.

Laure Brisa ©Melike Balci-FIP

À l’arrivée, une suite en 8 mouvements, glissant de l’apaisement à la tension, telle une espèce de voyage onirique et romantique, mélancolique et élégiaque. Et certainement pas une relecture paresseuse. Encore moins un exercice de style, puisque la pièce initiale de 30 minutes s’est étirée de 10 minutes supplémentaires.

Après une série de représentations, le projet a connu un développement inattendu lors d’une date à l’église Saint-Eustache, à Paris, lorsque Kevin Elamrani-Lince a proposé de tourner un clip ! Toutefois, quoi de plus normal pour une ancienne étudiante en cinéma, qui a frappé les esprits avec 1994, manifeste proche de la vidéo expérimentale et chant d’amour à la mémoire rave party disparue.

C’est Laure Brisa — repérée chez Flavien Berger, collègue de label de Maud Geffray — qui déploiera ses motifs en jouant des pédales et des textures. Comment refuser l’invitation ?

Maud Geffray & Laure Brisa : « Still Life » a tribute to Philip Glass, vendredi 16 octobre, 20h30, Le Rocher de Palmer, Cenon (33).
lerocherdepalmer.fr
Still Life, Pan European Recording (2019).

Maud Geffray ©Melike Balci-FIP