NICK WATERHOUSE – Rétro ou sincère ? Habile faiseur ou vrai passionné ? Le cas du Californien ne peut être tranché que sur scène. Sans artifice, dépouillé.

Au rayon nostalgie, le natif de Santa Ana (comté d’Orange), Californie, pourrait facilement passer pour un taxidermiste, fasciné par l’esthétique des années 1950 et 1960, dévot analogique, revendiquant références ad hoc (Van Morrison, Aretha Franklin, Wilson Pickett, John Lee Hooker). Pour autant, quel est l’intérêt des procès d’intention ? Le cheminement est logique : apprentissage musical, premier groupe au lycée à Huntington Beach, puis envol en solitaire plus au nord, à San Francisco.

En d’autres temps, Chris Isaak déboulait une Gibson à la main et l’évangile de Roy Orbison dans l’autre sans que les arbitres du bon goût recrachent leur Old Fashioned… Surtout, le métier est rempli de petits malins se fondant à merveille dans le palimpseste, de l’écurie Daptone Records à l’ineffable Mark Ronson. Aussi, pourquoi ne pas clamer son amour du doo-wop, du R’n’B et de la soul ? D’autant plus que l’intéressé en a fait commerce lorsqu’il était disquaire.

En 5 albums – tous signés chez Innovative Leisure – depuis 2012, Nick Waterhouse a su imposer une silhouette, soulignée de surcroît par un style casual chic, et gagné une audience de part et d’autre de l’Atlantique. Surtout,

le musicien s’est mué en producteur (Allah-Las, le vétéran soul Ural Thomas, Boogaloo Assassins et Leon Bridges, bien connu du mundillo indépendant pour sa collaboration avec le trio Khruangbin). « Music is art and should not be encoded in genres. » Preuve en est, le gus a repris Pushin Too Hard… 
Marc A. Bertin

Nick Waterhouse, jeudi 12 mai, 20h30
Rock School Barbey, Bordeaux (33)
www.rockschool-barbey.com