ÉCLATS D’ÉMAIL JAZZ FESTIVAL – Retour aux affaires à Limoges, du 11 au 21 novembre, pour le traditionnel rendez-vous, qui fête sa 16e édition avec un plateau de haute volée.

Eclats d’email – Kellylee Evens

Cette année, la tête d’affiche, au sens propre comme au figuré, est Kellylee Evans, chanteuse originaire de Toronto, Canada. Après une découverte surprenante du jazz dans le Loeb Building de l’université de Carleton, où elle suivait ses études, en se trompant d’étage et en atterrissant au 8e, consacré à cette musique, elle débute sur scène à l’Ottawa Festival avec Ravi Coltrane, sur une invitation impromptue du contrebassiste Lonnie Plaxico. Comme quoi, parfois, cela ne tient à pas grand chose… Après deux albums, elle acquiert une reconnaissance internationale grâce à Nina, inspiré de la vie de Nina Simone qui figure sans doute dans le top 5 all time des chanteuses de jazz (je vous laisse compléter la liste, je vous mets juste les initiales en indice : B.H., E.F., S.V., B.S. – la dernière n’étant pas Britney Spears pour nos plus jeunes lecteurs). Elle peut aussi être surprenante, publiant un album de reprises où se côtoient Eminem, Kanye West, John Legend ou Stromae.

D’autres cadors viennent compléter le haut du panier des invités prestigieux. Ainsi, dans la série « petit malin qui réinterprète Radiohead avant que tout le monde s’y mette », Brad Meldhau en trio accompagné de Larry Grenadier à la contrebasse et de Jeff Ballard à la batterie. Leur jazz d’une rare modernité étonnera les novices et fera chavirer les aficionados déjà conquis par leur dernier album paru en 2018 Seymour Reads the Constitution.

Du côté des prodiges confirmés, James Carter en mode Organ Trio (Gerard Gibbs à l’orgue et Alex White à la batterie), rodé comme jamais car jouant ensemble depuis 2004. Ce virtuose assez précoce, à peu près autant que Tony Williams qui dut, à 17 ans, se laisser pousser la moustache pour pouvoir tourner avec Miles Davis dans des clubs où il n’avait pas l’âge d’entrer.

Rapidement devenu chef de file d’une nouvelle génération de jazzmen, il a alterné relectures de classiques, hommages (à Django Reinhardt et Billie Holiday) et incartades bien senties soul ou funk. Autre trublion qui a gentiment bousculé les codes – coucou la drum planante édité par Blue Note – Erik Truffaz. Dans son exploration permanente de nouvelles formes, le Français originaire de Suisse a su de nouveau repousser les frontières avec son dernier album Lune rouge, paru fin 2019. Il se produira en quartet en compagnie de Benoît Corboz aux claviers, Marcello Giuliani à la basse et de Arthur Hnatek à la batterie.

Éclats d’émail jazz festival organise toujours son rendez-vous pour lève-tôt (ou couche-tard, c’est selon) à 6h45, samedi 13, avec le Cairote Abdallah Abozekry et son luth à manche long pour un concert d’obédience folklorique teintée d’électronique. Bon esprit, la projection du documentaire qui se penche sur le festival Jazz in Marciac par le biais de trois anciens, Guitou, Serge et Michel, qui incarnent l’esprit de cette manifestation et vont bientôt prendre leur retraite de bénévoles.
PJ

Éclats d’émail jazz festival,
Du jeudi 11 au dimanche 21 novembre, Limoges (87). www.eclatsdemail.com