FEST’ARTS – Le festival libournais revient à son format d’origine : 3 jours, un QG festif et musical, une sélection off et une programmation ambitieuse où se retrouve la crème des arts de la rue.

Pendant trois journées, la bastide libournaise se fait place forte : l’accès est fermé aux voitures pour laisser les 45 000 spectateurs attendus, (ni plus ni moins que le double de la population habituelle) prendre la rue d’assaut. Cette 31e édition rattrape le temps perdu en programmant 40 compagnies et 135 représentations, dès 8h et jusqu’à 23h30. Petite sélection forcément partiale des spectacles à découvrir.

J’adore regarder danser les gens

En attendant les Jeux olympiques de Paris 2024 qui verront l’apogée de ce projet au long cours, Libourne accueille Panique olympique #4 : un tourbillon de danseurs et danseuses de tous horizons partage l’énergie et la joie de cette ronde folle. La grande prêtresse de cette cohue très organisée, Agnès Pelletier, investit également la place François- Mitterrand avec Habiter n’est pas dormir. Une maison à ciel ouvert, sans cloison, abrite, à la vue de tous, ses habitants menant leur petit bonhomme de vie : quotidienne mais extraordinaire.

Fermé aux voitures mais pas au train

Pour vous, quelle est la « ville de la chance et du bonheur » ? Pour la compagnie Titanos, c’est Chattanooga, Tennessee. Bien que jamais atteinte, c’est vers elle que partira l’Imperial Trans Kaïros, petit train de bric et de broc. Le voyage incertain se fait toutes les vingt minutes, traverse les gorges de la Dèche et ne peut embarquer qu’un tout petit nombre de privilégiés. Pour ceux qui sont tombés du mauvais côté de la tartine, il faudra marcher à côté.

Questions existentielles

Un festival de rue, c’est parfois beaucoup de punks à chien et des litres de bière. Libourne s’oriente plutôt vers la poésie et les questions existentielles. De celles que se murmurent deux acrobates de La Mondiale Générale dans Rapprochons-nous ; de celles que, du haut de son mât chinois, Moïse Bernier de Galapiat Cirque se pose. De la vie et De la mort qui rue vues sous l’œil espiègle d’Adèle Zouane. Ou des mots étrangement scandés de Spectralex et sa poésie rurale à l’accent rocailleux.

Volubilis – Pierre PLANCHENAULT

Plein la vue

Pour en prendre plein les mirettes deux propositions : Ce que voient les oiseaux, expérience en réalité virtuelle (à réserver) et La Tortue de Gauguin, spectacle visuel total et éblouissant partant d’une anecdote pour réaliser une explosion picturale et musicale. Du côté des oreilles on peut se réjouir du concert de The ‘O’City Vipers.

Prévoir ou ne pas prévoir?

Il y a généralement deux types de festivalier : celui qui a préparé sa venue et l’autre. Il n’aura pas échappé aux prévoyants qu’un certain nombre de spectacles, bien que gratuits comme tout le festival, nécessitent une réservation. Parmi ceux-là on compte Trop près du mur, l’excellente nouvelle création de . Le clown complètement barré, à la voix éraillée et qui fait peur aux enfants auxquels il ne s’adresse pas, dialogue ici avec son créateur. Il faudra aussi réserver pour Monde parallèle que le Liburnia coproduit ou pour profiter du petit déjeuner de la Compagnie Presque Siamoise car seuls 45 spectateurs pourront voir ce que font ces contorsionnistes de 7 kg de pommes et 10 litres de café. Une compote à la caféine ? Henriette Peplez

FEST’ARTS
Du jeudi 4 au samedi 6 août, Libourne (33)
www.festarts.com