ESTIVALES DE MONTALIVET – Au cœur de l’été, voici le moment idéal pour réconcilier amateurs de vagues et de bronzette et férus de cases et de phylactères. L’organisateur Jacques Pavot revient sur ce festival qui offre l’expérience rare et curieuse de voir des auteurs de BD évoluer en short et en tongs.
Propos recueillis par Nicolas Trespallé

Comment sont nées les Estivales ?

En 2004, à l’initiative de Patrick Charron, président de l’association BDM33. En 2014, il a souhaité passer la main et j’ai pris le relais. Au fil des années, la manifestation a pris de l’ampleur. Elle touche beaucoup de gens en vacances, des gens curieux, en balade. C’est un événement familial qui ne concerne pas que les habitués des salons BD, mais qui reste tributaire de la météo. S’il fait très beau ou franchement très mauvais, c’est pas terrible, alors qu’un temps mitigé est idéal pour nous ! Certains touristes reviennent même d’une année sur l’autre, cela fait partie d’un passage obligé de leur séjour.

festival bd montalivet Mouette 2021

Comment avez-vous fait évoluer la manifestation depuis
votre arrivée ?
On a voulu mettre l’accent sur les petites maisons d’édition, au détriment des bouquinistes, et travailler avec des libraires indépendants plutôt qu’avec une grande surface culturelle. L’idée était de ne pas vendre que les livres des auteurs invités. On veut également tisser des liens avec la littérature. Par exemple, nous accueillons Bastien Loukia qui a adapté Crime et Châtiment en BD. On a demandé à notre libraire d’avoir aussi le roman. En invitant des romanciers comme Mireille Calmel, on cherche à décloisonner la bande dessinée, montrer la frontière poreuse entre le travail de scénariste de BD et celui d’un écrivain. On souhaite également s’ouvrir au manga pour répondre à une demande énorme de la part
des jeunes.

Qu’avez-vous prévu côté expositions ?

On inaugure un partenariat avec Bibliogironde, la bibliothèque départementale de prêt, pour présenter deux expositions autour d’Anuki et Malabulle. On accueille un auteur passé par la résidence du Chalet Mauriac, Mathieu Siam. Il fera un atelier autour de son exposition « Galet ». On travaille aussi avec le collectif Croc en Jambe, qui va animer le week-end avec des battles, des performances….

Le festival délivre aussi sa propre récompense, le « prix de la Mouette », remportée par l’autrice italienne Barbara Baldi en 2021 pour Ada.

Nos partenaires, les deux librairies, les professionnels de Bibliogironde et une revue critique de BD sélectionnent cinq albums. Les lecteurs du réseau de 40 médiathèques et deux associations votent pour désigner le lauréat qui se voit décerner ce prix, une sculpture imaginée par Alben, un artiste médocain reconnu internationalement. Bloquée l’an dernier à Milan, Barbara Baldi fera cette fois le déplacement. Elle ne parle pas français, on cherche d’ailleurs un traducteur!

Estivales de la BD
Du samedi 23 au dimanche 24 juillet, Vendays-Montalivet (33)