MUDHONEY – Au fuzz ! Trente ans après le concert qu’ils y donnèrent au cœur des années grunge, Mudhoney repassent dans la salle bordelaise du cours Barbey pour une leçon sur l’authenticité du son de Seattle.

Pronostic : un rendez-vous au croisement des générations, avec les plus jeunes, qui auront scanné l’intégralité de la banque sonore de la culture grunge sur Spotify, et les vétérans d’un théâtre Barbey pas encore devenu Rock School, qui viendront dans leurs T-shirts à la fibre détendue et au logo Sub Pop délavé jusqu’à l’illisible.

Face à tous : Mudhoney, les hommes, la légende. Les inventeurs du mot grunge, peut-être, avec le chanteur et guitariste Mark Arm présentant ainsi son premier groupe à un fanzine de Seattle dès 1981 : « Pure grunge ! Pure noise ! Pure shit ! » Les inventeurs du son grunge, peut-être, avec l’effet Big Muff saturant l’amplification du guitariste Steve Turner ? Les inventeurs de l’attitude grunge, peut-être, avec le raté urbain comme nouveau working class hero ?

Il serait sain et respectueux, toutefois, de ne pas conserver Mudhoney cryogénisé dans la froidure de l’État de Washington. Quoique chantre de la nostalgie (Sweet Young Thing Ain’t Sweet No More), le groupe a évolué album après album, ne perdant rien de sa superbe ni de sa pertinence. Mudhoney est une créature de la trempe de celles que seuls les États-Unis excellent à engendrer : une créature intrinsèquement rock’n’roll, dans la tradition des réverbérations psychédéliques des 13th Floor Elevators, des solos de Jerry Garcia du Grateful Dead, de la rage de Black Flag et des comics de Peter Bagge.
Guillaume Gwardeath

Mudhoney + Hoover III
Jeudi 22 septembre, 21h
Rock School Barbey, Bordeaux (33)
www.rockschool-barbey.com