FRANÇOIS POISAY – Son parcours photographique s’affirme à la fois par sa maîtrise technique et la profondeur de son approche esthétique.

Chez François Poisay, la photographie repose d’abord sur une capacité d’interrogation aux multiples méandres. C’est ce que révèle cet ensemble de 180 photographies, essentiellement en noir et blanc, qui se déploie en deux périodes, les années 1980-1990 où la présence du corps, décomposé et recomposé, se confronte à l’amour et à la mort, et les années 2020-2021 marquées par le retour à la pratique photographique et l’attention portée à la progression du flétrissement des fleurs et des plantes d’un jardin, et aux récits d’un paysage sensible aux moindres souffles de la nature.

François Poisay aborde des possibilités de l’expérience du temps et ses représentations symboliques. Il se réfère à des évocations simples mais traversées d’appels insolites, ou d’événements qui perturbent les premières impressions de familiarité. Tout ici suscite le souvenir, la nostalgie, rappelant un monde disparu, mais tout soulève aussi les indices d’un monde à venir dans une curieuse alliance du périssable et de l’immortel.

François Poisay laisse reposer l’image afin qu’une transformation s’opère en profondeur : c’est une décantation, juste équilibre entre la partie claire et la partie obscure, entre la mémoire et l’oubli. Il s’agit avant tout de retenir une histoire, de sculpter ses pleins et ses vides, de la garder en mémoire, sous la forme d’une trace qui impose une réalité nouvelle. Il s’agit de l’empêcher de s’écouler et de se dissoudre et donc de la prolonger tout au bord de ses ressources ultimes, dans la plénitude d’un accomplissement. 
Didier Arnaudet

« François Poisay : Les temps de l’oubli – Les temps des rêves »
Du samedi 13 août au mardi 30 août
Espace Saint-Rémi, Bordeaux (33).