INSITU / LIRE LE MONDE, LIRE MA VILLE – Pour sa 8e édition, le marathon littéraire girondin s’approprie 16 nouveaux lieux atypiques pour 16 lectures singulières. Avec la complicité de voix de comédiens et de comédiennes.

IN SITU ©Richard Nourry

(Res)Sentir le lieu et écouter le comédien lire La Part du feu (1) alors que par la large fenêtre de la caserne des pompiers de la Benauge se superpose à la dolente Bordeaux, au murmure constant de la Garonne, en contrebas, le tragique incendie de Mann Gulch. L’expérience fut prégnante et s’inscrira à jamais dans la mémoire de l’auditoire restreint et chanceux.

INSITU / Lire le monde, lire ma ville fabrique exactement ces souvenirs indicibles. Des mots qui épousent les ombres allongées, résonnent au cœur de bâtiments improbables, flottent sur un large cours d’eau. Tel est le programme de ces lectures en public, extraites de textes d’auteurs étrangers, mis en voix dans des endroits inattendus de la métropole bordelaise.

Cette année, le festival invite à Artigues-près-Bordeaux, à Bègles ou encore à Bordeaux. Du 1er au 3 juillet, des lectures auront lieu au Tribunal de Grande Instance à Bordeaux, au cimetière romain de Saint-Seurin, au bar du CIVB, à l’atelier de couture de l’Opéra, dans un blockhaus d’agriculture d’endives, sur le rooftop de l’hôtel Renaissance, sur le banc de touche du stade Chaban-Delmas, etc.

©Richard Nourry

INSITU est une double invitation à « aiguiser » la curiosité et l’intérêt de publics diversifiés à une forme inédite et unique : la mise en résonance d’un texte avec un lieu. Et permet également, ça n’est pas la moindre de ses vocations, d’explorer ce qui est rarement ouvert au public.

L’événement porté par les bibliothèques et les librairies indépendantes a semble-t-il trouvé sa place en ce temps estival un peu suspendu, alors que les centres urbains sont partiellement désertés, pour réenchanter grands et petits espaces. Le format volontairement intimiste de ces rencontres — conçues pour une vingtaine de personnes — entre une œuvre, un lieu et un public permet de créer une vacuole d’une belle imperméabilité pour écouter les livres et ressentir architecture, bâtiment, parc, rue, jardin d’une ville cent fois traversée mais rarement observée.

On rêve soudain d’un instant qui n’aura jamais lieu : la lecture du Signal2 dans le bâtiment (désamianté) du même nom face à l’océan grondant et menaçant ! 
Henry Clemens

1. Norman Maclean, éditions Rivages Poche / Bibliothèque Étrangère. 2. Sophie Poirier, éditions Inculte

INSITU / Lire le monde, lire ma ville
du vendredi 1er au dimanche 3 juillet, Artigues-près-Bordeaux, Bègles, Bordeaux (33)
www.lettresdumonde33.com