LA JUNGLE

Le duo d’outre-Quiévrain, pratiquant une forme de transe tout à la fois complexe et décomplexée, s’en vient au Krakatoa hypnotiser le public.

Mathieu “Jim” Flasse et Rémy “Roxie” Vernant sont-ils les Black Keys de Mons ? Ou les Inspector Cluzo du Hainaut ? Non. Deux fois non. Le tandem a beau évoluer majoritairement en version guitare/batterie, ce qu’il donne à entendre malaxe une certaine rigueur martiale math rock avec des ruptures noise et beaucoup de kraut. Donc, nulle relecture blues décharnée. Au contraire, leur utilisation maligne de synthétiseurs et autres boucles pourrait les faire passer pour des cousins belges de Ratatat ; la flamboyance funk en moins.


De La Jungle à Fall off the Apex, juste six ans d’incessantes tournées et de sessions studio. Et surtout quatre albums dans la musette, prétextes à dispenser cet art consommé d’une transe électrique propre à faire suer un parquet comme à faire hocher de la tête quelque metalhead égaré dans un lieu associatif pour les jeunes.
On a beau connaître la musique, la capacité du groupe à produire ce groove intense, parfois raide comme la justice, parfois en total relâchement, force encore et toujours l’admiration. Prouvant au passage qu’il suffit de peu pour un maximum d’effet et que la virtuosité ne constitue pas une insulte à l’intelligence contrairement à trop de masterclass et autres pignoles jazz-rock.
Dans un monde idéal, La Jungle et Tonstartssbandht se produiraient ensemble, abolissant les frontières entre rugosité européenne et lâcher-prise nord-américain.

MAB

La Jungle,
vendredi 4 février, 20h30,
Le Krakatoa, Mérignac (33).
krakatoa.org