CONCERTS DESSINÉS – Projet porté par L’Entrepôt, au Haillan, et la compagnie girondine Il était une fois, ce rendez-vous automnal et singulier conjugue chanson française – Bertrand Belin puis Albin de la Simone – et dessin. Explication de texte avec Loïc Dauvillier.
Propos recueillis par Marc A. Bertin

©Lise Viviani

Qui êtes-vous ?
Une compagnie basée à Gradignan, multipliant les tournées nationales et dont le catalogue propose la déclinaison la plus complète qui soit autour de la forme dessinée : concerts, lectures, performances. Nous comptons autant de talents jeune public que BD. Depuis 2014, nous nous questionnons sur le métier, la médiation de l’image, le travail avec les circassiens, les comédiens, les musiciens.

Et l’origine de ces dates à L’Entrepôt ?
Une très bonne entente avec la ville du Haillan par le truchement du festival jeune public Ratatam ! En outre, L’Entrepôt est bien identifié « chanson française » en Gironde. L’envie d’y organiser un rendez-vous a rapidement vu le jour.

Et dans le détail ?
Deux axes. Premièrement, un travail de médiation en partenariat avec l’Université Bordeaux Montaigne, en l’occurrence le master illustration (et quelques étudiants et étudiantes en licence). Le propos était simple : créer une pochette de 45 tours autour d’un titre du répertoire de l’artiste invité.

À l’issue de cette étape de création, une rencontre entre ce dernier, découvrant les travaux, et les étudiants et étudiantes. Hélas, la crise sanitaire a bousculé le calendrier, sans compter que Bertrand Belin a attrapé le Covid-19 et qu’il tournait avec les frères Larrieu. Néanmoins, tout ce petit monde a pu échanger via Zoom. Deuxièmement, artiste, dessinateurs et dessinatrices se retrouvent afin de concevoir une forme inédite : un concert dessiné.

Comment Bertrand Belin a-t-il réagi ?
Un peu décontenancé, découvrant des reflets inédits à son œuvre, des points de vue autres sur ses propres morceaux.

©Anne Zoé Marcos

Et la représentation ?
Initialement prévue en mars, elle se tient enfin en novembre ! C’est un autre temps fort, loin du seul en scène car, en version guitare/voix, Bertrand Belin interprétera ses chansons illustrées en direct par 5 dessinatrices et dessinateurs du cru. Le dessin entre ainsi dans la danse comme n’importe quel instrument.

Même chose avec Albin de la Simone ?
Non. Déjà, ce sera un piano/voix. Ensuite, notre proposition portait sur la réalisation de deux clips dessinés par les enfants du Haillan ; deux titres de son dernier album Happy End. La soirée débutera donc avec la diffusion de ces vidéos. Albin n’interprétera aucun morceau de ce disque mais un florilège de son répertoire et, cerise sur le gâteau, consacrera une large place à l’improvisation en tirant au hasard des petits dessins d’instruments qu’il a lui-même réalisés lors de ses sessions d’enregistrement au studio Ferber. Ces choix heureux détermineront le fil du spectacle et, in fine, le travail des dessinateurs et dessinatrices.

Et la suite ?
Nous souhaitons aller plus loin sans répéter la formule. Beaucoup dessinent dans la chanson française – Katerine, Dominique A, Armand Méliès, Fabio Viscogliosi, Pomme – et inversement comme Charles Berberian. La compagnie est habitée par une envie militante dans une époque où le vivre ensemble bat de l’aile. Le dessin comme la chanson peuvent être autant un acte isolé que collectif. Nous privilégions le collectif.

Bertrand Belin, samedi 27 novembre, 20h30,
Albin de la Simone, mercredi 8 décembre, 20h30,
L’Entrepôt, Le Haillan (33). www.lentrepot-lehaillan.fr