INSTITUT CULTUREL BERNARD MAGREZ – Au château Labottière, l’homme d’affaires bordelais expose une partie de sa collection d’art contemporain démarrée il y a plus de 20 ans.

Elles sont environ 80. Choisies parmi un fonds qui compte plus de 500 spécimens, ces œuvres croisent les médiums et les courants : de la photographie humaniste à la photographie plasticienne en passant par le pop art, l’expressionnisme, le Nouveau Réalisme, la peinture, la sculpture, l’installation et bien sûr le street art, en écho à l’orientation opérée il y a quelques années déjà par l’Institut Culturel Bernard Magrez. Jalonnant les 10 espaces répartis entre le rez-de-chaussée et le premier étage de l’hôtel particulier, cette sélection célèbre l’éclectisme, aussi bien dans les esthétiques convoquées que dans les renommées, lesquelles croisent artistes confidentiels et grands noms de l’art. Dans ce dernier registre se bousculent pêle-mêle : Andy Warhol, Jean-Michel Othoniel, Steve McCurry avec son iconique jeune Afghane aux yeux verts, Pierre et Gilles, Valérie Belin, Yan Pei-Ming, Martial Raysse, Damien Hirst, Robert Combas, Marc Desgrandchamps, Pierre Soulages ou encore Sebastião Salgado, pour ne citer qu’eux.

Exposition – La Collection – 16 Mars 2022-89

Pour construire un ensemble cohérent, l’équipe de l’Institut Culturel Bernard Magrez et son directeur artistique Aurélien Desailloud ont imaginé un parcours refusant les approches exhaustive, thématique et/ou chronologique pour leur préférer des dimensions plus atmosphériques : « de salle en salle on a travaillé sur quelque chose d’assez synesthésique, à savoir par le prisme des sensations et des impressions ». Égéries féminines, abstractions, mises en scène, paysage, nature morte, spiritualité, voyage, musique, engagements et urbanités innervent ainsi un parcours qui se prolonge au pavillon de La Boétie avec une pléiade d’interprétations plastiques autour de la devise chère à Bernard Magrez « Jamais renoncer ».

Doug & Mike Starn, Nicolas Milhé

Parmi les pièces montrées au cœur du château Labottière, ne manquez pas : le magnifique pneu de voiture que le Belge Wim Delvoye a sculpté à la manière des orfèvres ; Dan Hays et ses extensions picturales contemporaines du pointillisme ; Piet Jan Blauw et son bureau musical interactif et taquin ; le portrait de Kares Le Roy consacré à trois femmes peshmergas (combattantes kurdes irakiennes en lutte contre l’organisation État islamique) ; ou encore ce mouton naturalisé, flanqué de deux somptueuses cornes en or, signé Nicolas Milhé. Baptisée Retour à la nature, la pièce convoque une anecdote relative à la figure historique de la marquise de Pompadour, favorite du roi Louis XV, avec ses moutons bien propres et bien frisés dont elle avait fait dorer les cornes. Invités dans son boudoir tapissé de glaces de l’hôtel d’Évreux (actuel palais de l’Élysée), les pauvres ovins paniquèrent et se précipitèrent sur les surfaces polies détruisant tout à coup de tête ! Générant à l’époque un scandale épouvantable. 
Anna Maisonneuve

« La Collection Bernard Magrez », jusqu’au dimanche 2 octobre
Institut Culturel Bernard Magrez, Bordeaux
www.institut-bernard-magrez.com