Logé dans le musée d’Aquitaine, le Centre d’Interprétation Bordeaux Patrimoine Mondial occupant 170 m2 entend être une fenêtre introductive sur la ville de Bordeaux. Tour d’horizon avec Laure Vallette, responsable du service Bordeaux Patrimoine mondial.
Ce centre est-il un nouvel espace pour présenter Bordeaux ?
Oui et non ! Dans cette forme-là, il est complètement nouveau. La balade à Bordeaux proposée aujourd’hui n’était pas du tout l’approche précédente, lorsque nous étions installés place de la Bourse. La matériauthèque, les maquettes tactiles d’architecture, la vie du patrimoine aujourd’hui et le renouvellement des récits ont été créés spécialement pour cet espace au musée d’Aquitaine.
Comment a été repensée la scénographie par rapport à ce qu’il y avait place de la Bourse ?
Nous avons recensé ce qui était encore valable dans notre parcours, ce qui devait être changé, et ce qui pouvait être réutilisé afin de ne pas trop recréer et rester dans une logique de sobriété. Nous avons ensuite imaginé un nouveau scénario de visite, conçu comme une invitation pour les visiteurs à aller se promener ensuite.
Comment fait-on pour représenter la ville en 170 m2 ?
Ce n’est qu’une porte ouverte, un premier pas vers la ville : c’est l’ADN des centres d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (CIAP) partout en France. Nous sommes une clé de lecture pour partir à la découverte de la cité. Nous faisons vivre ces récits autour du patrimoine avec un projet dedans/dehors. Nos actions destinées au public se déroulent d’ailleurs en grande partie à l’extérieur. Le lieu est pensé comme une boîte à outils au service de l’action culturelle in situ.
Comment remet-on en contexte une histoire aussi foisonnante que celle de Bordeaux ?
Une exposition, ce n’est pas une thèse : il faut que ce soit accessible pour des publics très divers. Nous partons du visiteur qui découvre la ville et cherchons à lui donner ce qui semble essentiel pour décoder l’espace, se situer, comprendre et éventuellement aller plus loin.
Par exemple, nous nous sommes rapidement dit que le port est une thématique majeure, puisqu’il est à la source de la construction urbaine de la ville depuis 2 000 ans. Nous reprenons également certaines doctrines du CIAP, avec notamment un dispositif de 10 à 15 minutes montrant l’expansion de la ville sur une carte multimédia. C’est un lieu d’apprentissage mais aussi de loisir, où l’on peut venir, toucher, sentir, écouter.
Faire vivre ce lieu passera-t-il aussi par des animations ?
Tout à fait. Nous proposons nos premières visites au grand public dès les vacances de Noël et préparons, pour le printemps, des visites dans et hors les murs. Nous avons des idées d’activation, notamment autour de la notion de patrimoine vivant et de la visite de projets faisant évoluer le patrimoine historique. Nous sommes en train de construire tout cela.
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Le lieu est construit pour évoluer, notamment d’ici trois à cinq ans…
…nous avons des idées pour la suite mais les élections municipales changeront peut-être les choses… Nous voulons rediscuter avec l’État pour renouveler une candidature de la Ville de Bordeaux au label « Ville d’art et d’histoire » avec de nouveaux axes et, entre autres, la projection d’un centre d’interprétation pérenne au musée d’Aquitaine si l’expérimentation est un succès. L’objectif est d’avoir à horizon 2030 une version renouvelée de cette exposition même si elle sera toujours mouvante. La ville n’est pas sous cloche, elle bouge et il faut évoluer avec elle.
Propos recueillis par Guillaume Fournier
Informations pratiques
Centre d’interprétation Bordeaux Patrimoine mondial,
Musée d’Aquitaine, Bordeaux (33).