L’éternel vagabond new-yorkais Adam Green pour une date unique, à Bordeaux, 7 jours avant la Saint Valentin, il n’y a pas de hasard…

Au petit jeu des fils putatifs du Lou Reed 1970s, Adam Green, l’enfant de Mount Kisco, état de New York, comté de Westchester — accessoirement ville natale de Samuel Barber, Ann Blyth et… Caitlyn Jenner — pourrait disputer la couronne à Nathan Roche, l’Australien francophile, échappé du Villejuif Underground.

Mi-hobo mi-poète

Sa nonchalance, mi-hobo mi-poète au paletot idéal, le propulsa dès la fin des années 1990 en chantre de l’éphémère scène anti-folk qu’il fit rayonner au-delà de toute espérance avec sa complice Kimya Dawson. Une parenthèse heureuse offrant un savoureux et bienvenu contrepoint au « retour du rock » façon The Strokes. Un album publié en 2001 et un culte — réactivé par le triomphe inattendu de Juno du trop rare Jason Reitman. Voilà pour la première vie.

De toute manière, dès 2002, le troubadour s’émancipait sur la foi d’un format long, allumant la mèche d’une longue série dans laquelle sans quitter l’essence boisée primitive, l’oiseau allait baguenauder dans l’héritage pop des années 1960.

Comment résister à l’invitation ?

La décennie 2010 le voit musarder vers d’autres territoires, notamment le cinéma (The Wrong Ferrari en 2011, Adam Green’s Aladdin en 2016), mais aussi un disque en duo avec Binki Shapiro du groupe Little Joy, un roman graphique (War and Paradise) et de très beaux sommets (Minor Love en 2010, Engine of Paradise, en 2019).

En 2023, Moping in Style : A Tribute to Adam Green le voit honoré par Regina Spektor, Father John Misty, Devendra Banhart, Sean Ono Lennon et autres étoiles. Indéniable preuve de son aura chez ses pairs. Dès lors, comment résister à l’invitation ?

Marc A. Bertin

Informations pratiques

Adam Green + Turner Cody,
samedi 7 février, 20h30,
Rock School Barbey, Bordeaux (33).