À 27 ans à peine, Miki, la nouvelle star de la pop française est sur toutes les lèvres, et toutes les scènes. On l’intercepte au milieu d’une exhaustive tournée qui passe par Cenon et La Rochelle.

Comment s’annonce 2026 pour les « scorpions ascendants scorpions » [un des titres issus de son premier EP Graou, NDLA] ?

Remplie de bonnes choses ! J’ai lu qu’il y aurait beaucoup de changements au niveau de la détermination, de la motivation, avec des retours financiers et de grands succès. Je ne dis pas non (rires) !

Justement, votre ascension fulgurante a généré beaucoup de suspicions. Vous l’avez tourné en dérision en nommant votre premier album Industry Plant [expression qui désigne des artistes bankable pistonnés par les labels, NDLA]. Maintenant que vous cumulez les millions d’écoutes, quel est votre rapport aux haters ?

Pour moi, ce sont juste des fans pas encore convertis. Ils vont finir par comprendre et kiffer le projet, encore plus que les premiers fans. Souvent, la haine est la sœur jumelle de l’amour. Ce qui me fait peur, c’est plutôt l’indifférence.

Adepte du home studio, vous avez un rapport intime et direct à la musique. Comment transposez-vous ça sur scène ? Quelle est votre configuration sur cette tournée ?

On a clairement passé un cap ; avant, c’était beaucoup plus DIY, parce que j’étais toute seule. J’avais trois synthés, des machines, des PC… C’était un peu de bric et de broc, comme la créature de Frankenstein.

En même temps, c’était moi qui lançais les morceaux, je gérais la narration du show. Maintenant, j’ai un batteur, une guitariste, de gros synthés, c’est plus professionnel avec toute une équipe technique derrière aussi ; je craignais de perdre le côté intime et sincère.

Après l’Olympia [concert complet donné le 10 octobre 2025, NDLA], j’ai repris les manettes : j’ai remis les synthés au milieu de la scène, à la verticale, j’ai voulu les montrer. Avec mes musiciens, on crée des interludes, on ajoute des moments musicaux, on en enlève. Le show a été monté avec deux directeurs musicaux incroyables — Canblaster et Bastien D — qui m’ont aidée à créer un squelette que je peux moduler à l’envi.

Au milieu de cette tournée exhaustive, trouvez-vous encore le temps de composer ? Votre rapport à l’écriture a-t-il changé ?

Je continue d’écrire tous les jours, comme dans un carnet intime, c’est une discipline à avoir. Parfois des histoires se dessinent, ou des moments d’inspiration, et il faut être là pour les cueillir. Je vais aussi repêcher des thèmes, des bouts de phrases écrits il y a six mois, qui prennent tout leur sens plus tard.

Parfois, on a la tête dans le guidon et on ne se rend pas compte de ce qu’on veut dire. On réalise toujours qu’on était triste une fois qu’on va mieux, par exemple. Le but ultime, c’est de se surprendre, de se séduire, d’aller dans des zones que l’on ne connaît pas.

Vous dites avoir frôlé le burn-out à une époque, dans quel état d’esprit êtes-vous à présent ?

Je suis dans une mentalité complètement différente. J’ai eu un déclic en fin d’année dernière, quelque chose s’est apaisé en moi, j’en avais besoin. Maintenant, j’ai hâte, je me réjouis beaucoup plus qu’avant, qu’à une période où j’étais un peu en pilote automatique, je travaillais trop sans temps de repos.

Je suis partie trois semaines, j’ai fait du son, j’ai passé du temps avec ma famille et retrouvé ce désir qui me donne envie de mettre en scène ce qui se passe dans ma tête.

Vous avez su vous entourer de bons collaborateurs ; on vous a aussi entendue chez Metronomy. Quel est votre feat de rêve ?

Il y en a plein : Oklou, Caroline Polachek, Frank Ocean, Steve Lacy… Ce sont des artistes qui ont changé ma manière d’écouter la musique. Pendant très longtemps, j’étais un peu à l’ancienne, j’écoutais du classique, du jazz, de l’electro old school, mon âge sur Spotify, c’est 72 ans !

C’est seulement ces cinq dernières années que je me suis mise à écouter de la pop et de la musique indie qui m’ont beaucoup inspirée. Je suis fascinée par la notion de topline [partie la plus accrocheuse d’une chanson, souvent répétée au cours du morceau, NDLA], qui est pour moi sous-estimée. Tous ces artistes-là, ils chantent en anglais, mais j’ai vraiment voulu retrouver cette liberté de la langue en français.

Que peut-on vous souhaiter de plus pour cette nouvelle année ?

Des voyages, de la musique, de la sincérité. Et un Zénith rempli !

Propos recueillis par Benjamin Brunet

Informations pratiques

Miki + Nemonemo,
mercredi 25 février, 20h30,
Le Rocher de Palmer, Cenon (33)

Miki + première partie,
jeudi 26 février, 20h,
La Sirène, La Rochelle (17)