Toujours seul maître à bord de son insubmersible vaisseau chamber pop, notre crooner irlandais préféré, The divine comedy, fait étape à Cenon pour une soirée placée sous le signe de la volupté.
Se lassera-t-on un jour de la « Divine Comédie » de Neil Hannon ? 36 ans après la parution de sa première œuvre, Fanfare for the Comic Muse, le natif de Londonderry (Irlande du Nord) nous gratifie d’un nouvel opus, Rainy Sunday Afternoon, et reprend la route pour défendre sa pop orchestrale ; intemporelle, certes, mais aussi d’un autre temps… en voie de disparition ?
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Ancien poulain de la britpop
N’achevons pas l’ancien poulain de la britpop si tôt, à l’heure où ses glorieux collègues (Radiohead et Pulp en tête) ont signé leur retour sur les plus grandes scènes du globe. Plus discret, Hannon est resté régulier dans ses livraisons et fidèle à sa recette. Voix de baryton, orchestrations raffinées, élégance so British et textes sublimant avec humour la trivialité du quotidien comme les grandes tragédies de la vie : Dante aurait approuvé, à n’en pas douter.
À 55 ans, l’œil pétillant et la silhouette éternellement gracile, ce francophile (qui a notamment écrit pour Charlotte Gainsbourg et Valérie Lemercier) se questionne désormais sur la mort, feutre sur la tête et chœurs solennels en arrière-plan. Aurait-il troqué Burt Bacharach pour Leonard Cohen ?
Qu’on se rassure, en concert, l’exercice du best of est incontournable pour le crooner, et exécuté avec autant de classe que de malice : on envie les petits veinards qui entendront pour la première fois Tonight We Fly, Our Mutual Friend, National Express, Generation Sex, Something for the Weekend… Pour les initiés, le flacon n’est peut-être plus le même, mais l’ivresse reste intacte… « We’ll drink till we just can’t drink anymore ! »
Benjamin Brunet
Informations pratiques
The Divine Comedy,
mercredi 11 mars, 20h30,
Le Rocher de Palmer, Cenon (33).