Deux haltes, Angoulême puis Bordeaux, afin de suspendre le temps et d’apprécier l’une des plus justes incarnations de la beauté The apartments.
Musique de vieux à usage des vieux. Ces vieux lisant Télérama, écoutant FIP, achetant des disques. Ces vieux constituant l’essentiel du public des SMAC. Ces vieux appréciant les concerts assis en dodelinant gentiment. C’est à peu près le sentiment général que provoque le nom de The Apartments pour les philistins et autres anciens de l’adolescence éblouis par le génie d’Oasis.
Peter Milton Walsh, artisan de la pop
Pour une poignée, Peter Milton Walsh n’est pas un héros, ni l’objet d’un culte idiot, simplement un artisan de la pop, dépositaire du songwriting classique. Le genre de musicien dont les boots devraient être cirées chaque matin par Neil Hannon.
Preuve de ce destin marginal, That’s What the Music Is For, publié en 2025, ne figurait dans aucun des classements de fin d’année ; passe-temps favori des journalistes musicaux et chantres du bon goût pullulant sur les réseaux sociaux, plus occupés à s’extasier devant Rosalía, la Castafiore catalane à la mode…
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Ce huitième album, en près d’un demi-siècle de carrière, apparaît pourtant comme l’un des plus éblouissants somptueux de l’Australien. Une collection de huit chansons, nomades, enregistrées en contrebande.
« Un monde de fumée, de gin et de regrets, un monde de mélancolie, de cuivres et de cordes », selon Sean Bouchard, patron de l’étiquette bordelaise Talitres, chez qui The Apartments a fait de longue date son nid. Un disque sans âge, riche de mille vies, dont la pochette vénitienne invite à s’y perdre pour mieux l’habiter. Et deux concerts pour se laver de la laideur du monde et embrasser enfin la grâce.
Marc A. Bertin
Informations pratiques
The Apartments,
jeudi 2 avril, 21h,
Tumulte, Angoulême (16).
The Apartments + Tamise,
vendredi 3 avril, 20h30,
Le Rocher de Palmer, Cenon (33).