Maldonne, la dernière création en date de Leïla Ka, véritable phénomène de la danse contemporaine, portée par cinq femmes puissantes, va faire vibrer (voire pleurer) de Poitiers à l’île de Ré.
Peut-être aurez-vous remarqué (ou pas) que l’autrice de ces lignes aime souvent glisser un petit commentaire sur les titres des spectacles à propos desquels elle écrit. Pour celui-ci, c’est même un passage obligé afin d’éclairer l’ambition à l’œuvre.
Dans le cadre d’un jeu, il y a « maldonne » lorsqu’une erreur a été faite dans la distribution des cartes. Le rapport avec la pièce est métaphorique : dans notre monde, les victimes d’inégalités sont les femmes, lésées d’entrée de jeu. Une maldonne que ce spectacle entend réparer. Voilà pour l’explication. Et pour l’essentiel ?
Puissance féminine démultipliée
Qui connaît Leïla Ka, jeune artiste découverte avec un solo coup de poing de 15 minutes en 2018 (Pode ser), qui arpente désormais les salles du monde entier, sera agréablement surpris de la voir partager la scène avec quatre autres interprètes. Mise à part cette puissance féminine démultipliée, l’esthétique de la chorégraphe et danseuse, formée d’abord au hip-hop et adepte de la danse-théâtre, reste reconnaissable entre toutes.
Quelques indices : un usage fondamental du costume, surtout des robes, ici toutes plus éclectiques et signifiantes les unes que les autres, une répétition de gestes jusqu’à l’épuisement, qui dit à la fois la contrainte et la tentative de libération, des souffles qui se font musicaux, une expressivité à fleur de peau (on vous défie de ne pas pleurer sur le play-back de Je suis malade de Lara Fabian – pardon pour le spoiler). Cinq femmes qui se défont de leurs carcans, traversent de multiples émotions et actent un monde sororal. Alors, on joue ?
Hanna Laborde
Informations pratiques
Maldonne, chorégraphie Leïla Ka,
jeudi 2 avril, 21h30,
TAP, Poitiers (86) [Dans le cadre du Festival À Corps].
samedi 25 avril, 20h30,
La Maline, île de Ré (17).