Du 1er au 8 avril, la 21e édition du festival Cinémarges plonge dans l’histoire des luttes et des minorités pour mieux faire resurgir la mémoire des combats.

Cette année, Cinémarges s’inscrit dans le cadre de deux commémorations. D’une part, les 40 ans de la lutte contre le sida. D’autre part, les 30 ans de la Marche des fiertés bordelaise. Un regard dans le rétroviseur franchement bienvenu face à l’inquiétante ignorance des jeunes générations sur la mobilisation de leurs aînés (de plus en plus invisibilisés) et la nécessité de marteler que rien n’est acquis.

Évidemment, le festival propose, 8 jours durant, son habituel menu autour d’une sélection d’une vingtaine de films. Un florilège de regards, portés par des cinéastes contemporains, de la Chine (Bel ami) à l’Inde (Cactus Pears) en passant par les Philippines (Asog), du Brésil (Cidade, Campo) au Maroc (Bouchra), des États-Unis (Drunken Noodles) à l’Europe (Maspalomas, Chuck Chuck Baby).

Deux vois, deux parcours, une même fièvre

Pour autant, c’est bien son volet de rencontres qui devrait prioritairement susciter l’intérêt, notamment avec la venue d’Hélène Hazera et de Didier Lestrade. La première, dont la vie se confond entre engagements (Les Gazolines, le FHAR, Act Up) et contre-cultures, sans oublier sa plume précieuse et sa connaissance hors pair de la chanson française des années durant dans les pages de Libération, est à l’affiche d’Hélène Trésore transnationale de Judith Abitbol et du fort rare Les Intrigues de Sylvia Couski d’Adolfo Arrieta. Le second, infatigable militant (cofondateur d’Act Up-Paris en 1989, puis, en 2009, du site Minorités.org), journaliste (Magazine, Têtu, Libération), écrivain (ayant annoncé que Mémoires 1958-2024, publié en 2025, serait son dernier ouvrage), prendra la parole à la faveur de la projection du documentaire Act Up ou le chaos de Pierre Chassagnieux et Matthieu Lère. Deux voix, deux parcours, une même fièvre.

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Tout autant immanquables, les hommages annoncés, de Nathalie Magnan, qui au-delà de Lesborama, fut une pionnière du cyberféminisme et de l’hacktivisme, à Lionel Soukaz, héraut du cinéma gay d’avant-garde (Race d’Ep, en 1979, avec Guy Hocquenghem, c’est lui), dont le Journal annales est conservé à la Bibliothèque nationale de France, objet du portrait sensible Artistes en zone troublés.

Sinon, que l’on se rassure, débats, rencontres, signatures, soirées ponctueront cette semaine. Et lâche ton cul, camarade !

Marc A. Bertin

Informations pratiques

Cinémarges, du mercredi 1er au mercredi 8 avril, Bordeaux (33).