Jusqu’au 2 mai, à Bayonne, la galerie Kaxu accueille Tabernacle, œuvre monumentale et monochrome, confectionnée in situ par l’artiste Tomas Lacque.

Au-delà de l’imposante taille de la sculpture, qui saisit rapidement le regard, la vue n’est pas le seul sens sollicité. Dès l’entrée dans la galerie d’art bayonnaise Kaxu, l’odeur de plâtre éveille également la curiosité.

Saison sous le signe de l’intimité

Pour cette saison, placée sous le signe de l’intimité, Kaxu a convié pour sa deuxième exposition Tomas Lacque, lui proposant de concevoir une œuvre in situ. Et éphémère. Une demande honorée par le street artist et plasticien bordelais lors d’une résidence de création d’une semaine.

Au sein de la pièce, trône une sculpture monochrome, à échelle humaine, déployée sur 17 m2. Dispersés sur des palettes, divers objets sont comme abandonnés, tels des pneus, des végétaux, de la tôle, une tente ou encore de la vaisselle. Tous recouverts de crépi, ils invitent à la déambulation. Seul un livre, épargné par la matière, n’a pas été figé.

Tabernacle met en valeur le précaire

Dénommée « L’odyssée des regrets », l’exposition évoque une succession d’événements subis, aboutissant à une finalité non désirée, à l’image de vies pétrifiées dont les espoirs d’un meilleur lendemain ont été anéantis. Allant à l’encontre des codes de la sculpture classique, glorifiant le politique, l’héroïque ou le religieux, et ce à quoi renvoie son nom, Tabernacle met en valeur le précaire.

Ce qui est d’ordinaire caché se révèle ici au grand jour. Proposée comme une allégorie des univers marginaux, l’œuvre invite à se questionner sur les angles morts de nos sociétés et sur ce qu’il reste de l’intimité lorsque la vie est rythmée par le temporaire.

Flora Étienne

Informations pratiques

« L’odyssée des regrets », Tomas Lacque, jusqu’au samedi 2 mai, Kaxu Galerie, Bayonne (64).