Date unique à La Rochelle pour l’ancien leader de Girls Against Boys, Scott McCloud. Toute nostalgie à écarter sur-le-champ.

Être et avoir été. On connaît la chanson. Scott McCloud aussi, certainement. Rembobinons. Un CV doré sur tranche au sein de Girls Against Boys, abrasive formation de Washington DC, née dans le sillage du legs post hardcore tel que gravé dans le marbre, et pour l’éternité, par Fugazi et autres combos de l’écurie Dischord.

Hat trick légendaire

7 albums en une dizaine d’années, dont un hat trick légendaire — Venus Luxure No. 1 Baby, Cruise Yourself, House of GVSB — entre 1993 et 1996, pour le compte de l’étiquette Touch and Go avant le faux pas d’une signature en forme de « reniement » chez Geffen avec Freak*on*ica (1998).

Traduire grosses ventes, critiques assassines. Et deux albums d’intérêt plus que variable au début des années 2000. Sans oublier une flopée de projets parallèles dont New Wet Kojak et Paramount Styles.

Or, qui écoute encore avec la même gourmandise un hymne définitif tel que My Martini ? Quels groupes revendiquent Girls Against Boys parmi leurs influences ? Et là, tout à trac, Make It Forever, recueil de 11 titres, premier album officiel en solo, publié en mars 2026, enregistré dans les studios Zero Gravity, à Athènes.

Soit une livraison portée par une guitare acoustique, une voix profonde, un sens du dépouillement façon folk intimiste, souligné par de subtils motifs de cordes, de clavier ou de saxophone. Un disque sans âge, dénué d’artifices, portrait en creux d’une légende underground nord-américaine établie de longue date sur le Vieux Continent. Maturité ? Halte au cliché. Parlons de dignité.

Marc A. Bertin

Informations pratiques

Scott McCloud+ Pierre Chaissac,
mardi 12 mai,
Le Chaudron, La Rochelle (17).