En cette fin de printemps, il y a un autre facteur que les allergies pour se retrouver avec la larme à l’œil : le rire ! Notamment grâce à la venue de quatre lascars à l’immense potentiel drolatique.
Envie de pleurer de rire ? Vous êtes au bon endroit. La preuve avec le nouveau spectacle de Morgane Cadignan, La nuit je mens. Prend-elle ensuite des trains à travers la plaine ? Rien ne le dit, même si le titre de son deuxième seule-en-scène est une référence à la chanson éponyme du regretté Bashung. Un titre qui permet aussi de mettre les pieds dans le plat sur le sujet principal débattu sur les planches : le mensonge.
Avec la collaboration artistique de Clio Garcia, la jeune femme originaire de la Guadeloupe explore notre masque social fait de petits mensonges et omissions au quotidien. L’ancienne chroniqueuse dans La Bande originale de Nagui sur France Inter n’oublie pas le mode introspectif pour mettre en rire certains de ses vieux démons.
Pas encore convaincu ? Direction son prolifique compte Instagram, où elle dévoile certains courts extraits de son œuvre. Possibilité aussi d’y trouver la mini-série Installez-vous, faisant passer une cohorte d’humoristes sur le divan de la psychanalyse. Un bon amuse-gueule avant d’aller la voir en vrai.
- La nuit, je mens, Morgane Cadignan,du mercredi 20 au jeudi 21 mai, 20h, Le Petit Bijou, Biarritz (64).
Fabrice Éboué, toujours seul au sommet
Il aurait été facile de choisir une transition culinaire pour évoquer à présent le 5e spectacle d’un vétéran de la scène comique : Fabrice Éboué. Insister sur son humour « tranchant comme une lame ». Son spectacle SolitudeS, mis en scène par Thomas Gaudin, est d’ailleurs déconseillé aux moins de 15 ans.
Il faudrait noter qu’il a toujours « faim de scène », malgré le succès du tour de France avec Adieu hier. Mais cela ne serait pas faire honneur à cet esthète de la blague, propulsé sur le devant de la scène notamment avec sa participation au Jamel Comedy Club en 2006.
Le mieux reste de jouer la carte du franc-jeu, comme lui sur scène, qui dézingue à tout va avec une indolence désarmante. Celui qui est aussi, entre autres, réalisateur et acteur, offre un spectacle centré sur notre individualisme érigé en vertu cardinale de notre société.
Toujours aussi efficace ! Seuls les vestiges de sa chevelure, autrefois sa signature, prouvent le passage des années. La prochaine fois, il apparaîtra sans, explique-t-il. Qu’importe, comme le vin, Fabrice Éboué se bonifie avec le temps.
- SolitudeS, Fabrice Éboué, mercredi 27 mai, 20h30, Gare du Midi, Biarritz (64) et du jeudi 5 au samedi 7 novembre, 20h30, Théâtre Femina, Bordeaux (33).
Un PV qui fait sourire
Normalement, apprendre que nous sommes les destinataires d’un PV n’est pas une bonne nouvelle… Or, comme pour toute règle, il y a des exceptions, et celle-ci se nomme Pierre-Vitor. Pas de faute de frappe : Vitor et pas Victor. Un drôle d’oiseau, lui aussi passé par le Jamel Comedy Club, et même le Fridge Comedy Club, avant de voler de ses propres ailes. Avec lui, tout est une histoire de PV, de Presque Vérité. Exemple : il a failli être pro au tennis ; seul souci, comme il le dit, il était nul… Un coup dur dont il garde des séquelles, puisqu’aujourd’hui le bonhomme porte sur scène un bandeau, souvenir de ses 17 années à taquiner la balle jaune.
Déployant une bonne humeur contagieuse et un rythme de la blague maîtrisé, le jeune homme explore des thématiques qui pourraient être crispantes dans notre société du mouvement, comme celle de la grossophobie. Par ses anecdotes, il désamorce les tensions, éduque par la même occasion et surtout fait rire son auditoire. Un humoriste aux nombreux talents, comme celui d’entrepreneur, puisqu’il a lancé sa marque de brassière pour homme baptisée Dinopeck ! Quelle en est la particularité ? Le mieux reste d’aller le découvrir sur scène.
- Presque vrai,Pierre-Vitor, vendredi 12 juin, 20h, Republic Comedy, Poitiers (86).
Yann Guillarme en roue libre
Lui aussi cumule les talents qu’il cache derrière ses lunettes en verre fumé. Comédien, aperçu dans la mythique série Kaamelott d’Alexandre Astier, Yann Guillarme connaît un regain de notoriété récent. En cause : son poste de chroniqueur pour l’ogre de l’audimat, Quotidien, l’émission pilotée par Yann Barthès sur TMC. Il y incarne le personnage d’un tonton un peu raciste, adepte des phrases à l’emporte-pièce, s’en prenant à la gauche bien-pensante qui met ses enfants dans le privé.
De gauche « mais pas trop en vacances », Yann Guillarme a fait de cette attitude ambivalente une marque de fabrique qu’il explore aussi sur scène avec son spectacle Libre ! Libre pensant, libre de vouloir faire fortune, libre de faire rire son public avec son énergie débordante et des idées qui peuvent sembler paradoxales.
Tout à fait normal pour quelqu’un qui fut, dans une autre vie, directeur d’un magasin Grand Frais. Un poste à l’opposé de sa chronique l’année dernière dans La Riposte, l’émission engagée d’Akim Omiri sur Radio Nova. Son spectacle vous arrachera sans doute quelques larmes de joie — une bien meilleure raison de pleurer que le pollen, non ?
- Libre !, Yann Guillarme, vendredi 29 mai, 20h30, Casino Barrière, Bordeaux (33).
Guillaume Fournier