Le musée des Beaux-Arts de Bordeaux met en lumière une décennie d’acquisitions et convie le public à comprendre la constitution d’une collection avec « Passions collections – 10 ans d’acquisitions (2015-2025) ».

Fondé en 1801, le musée des Beaux-Arts de Bordeaux (MusBA) abrite 8 400 œuvres — peintures, sculptures, dessins et estampes — retraçant l’histoire de l’art européen du XVe au XXe siècle. Or, comment définir une collection ? Simplement, comme l’une des missions essentielles (avec la monstration et le prêt) d’un musée.

Forger l’identité du musée

Soit l’enrichissement perpétuel de son fonds en menant une politique d’acquisition envisagée comme un acte culturel visant généralement à compléter l’existant. Existant contribuant de facto à forger l’identité même d’un établissement.

Concrètement, la procédure d’acquisition obéit à la réglementation du ministère de la Culture, précisément à la loi du 4 janvier 2002. « Toute acquisition, à titre onéreux ou gratuit, d’un bien destiné à enrichir les collections d’un musée de France est soumise à l’avis d’instances scientifiques dont la composition et les modalités de fonctionnement sont fixées par décret. » Voilà pour le cadre.

Le processus, lui, se déroule de la sorte : un dossier est soumis à des experts, réunis en commissions par domaines, aboutissant à une délibération, à l’issue de la tenue d’une commission scientifique régionale d’acquisition (CSRA), organisée deux fois par an sous la férule de la Direction régionale des affaires culturelles. Dernier point et non des moindres, dès son acquisition, l’œuvre devient non seulement inaliénable, mais aussi trésor national.

550 oeuvres aquises

« Passions Collections – 10 ans d’acquisitions (2015-2025) » ne s’apparente nullement à une somme, plutôt à un florilège de 75 œuvres sur les 550 acquises durant la décennie écoulée. Pour Sophie Barthélémy, conservatrice en cheffe du patrimoine, et directrice du MusBA depuis 2014, « dresser un bilan est nécessaire pour rendre hommage tant aux donateurs qu’aux légataires car, outre les achats, il ne faut pas oublier les actes gracieux. Une tradition philanthropique, qui, heureusement, se poursuit, à l’image du legs de l’historien d’art et collectionneur Robert Coustet ». Et de rappeler cette évidence, « pour qu’une collection reste vivante, elle doit s’agrandir ».

Parcours dense, force merveilles

L’accrochage décliné en 3 axes — l’art bordelais (XVIIIe-XXe) ; l’art français et les écoles européennes (XVIIe-XXe) ; les artistes femmes (XIXe-XXe) — présente peintures, sculptures et arts graphiques. Dans ce parcours dense, force merveilles.

La Tentation de saint Antoine (1896), recueil de 24 lithographies d’Odilon Redon sur un texte de Gustave Flaubert ; un ravissant dessin érotique d’Albert Marquet ; une peinture de jeunesse de Pierre Molinier ; Feston orné de fruits et de fleurs de Cornelis de Heem (1631-1695) ; Macbeth et les trois Sorcières (1849-1851), toile emblématique du romantisme britannique , signée John Martin ; Les Quatre Saisons, gouaches abstraites de Simone Colombier (1903-1984) ; ou l’étonnante Scène de port d’Yvonne Préveraud de Sonneville (1888-1982).

Marc A. Bertin

Informations pratiques

« Passions Collections – 10 ans d’acquisitions (2015-2025) »,
jusqu’au lundi 4 janvier 2027,
salle des Actualités, aile Lacour, MUSBA, Bordeaux (33).