Date unique à Biarritz pour Cocorosie, les sœurs Casady, leur récent Little Death Wishes en bandoulière. Surtout ne pas se fier aux apparences.
La frontière entre préciosité et étouffe-chrétien est souvent mince. Depuis l’origine, CocoRosie se la joue (parfois trop) funambule. La faute certainement à une dose maximale de bohème. Sierra, l’aînée, harpiste et guitariste aguerrie, née dans l’Iowa, poursuivant ses études musicales de New York à Paris.
Chanteuse secrète
Bianca, la puînée, native de l’archipel d’Hawaii, passée de la sociologie aux beaux-arts, chanteuse secrète. Et l’improbable de voir le jour en 2003, au pays de la Môme Piaf, dans un deux pièces cuisine, ou plutôt dans une salle de bains, studio de fortune pour La Maison de mon rêve, inégalable songe cotonneux fait de bouts de ficelle, signé contre toute attente par l’étiquette Touch and Go en 2004.
En ce début de siècle, les cartes indie sont rebattues. L’exotique sororité se retrouve comparée à Animal Collective comme au chantre post-folk Devendra Banhart (qui aura une liaison avec Bianca). La décennie leur semble promise. Noah’s Ark (2005), The Adventures of Ghosthorse and Stillborn (2007) confirment l’enchantement.
Inspiration brutalement affichée
Les années 2010 riment, elles, avec un ennui poli. Certainement à tort. D’aucuns crient à la trahison quand Lemonade remporte le jackpot via une synchro pour un constructeur italien de voitures. Qu’à cela ne tienne, les sœurs multiplient les pas de côté, de maisons d’opéra à la publication de fanzine féministe en passant par une longue et fructueuse collaboration avec Robert Wilson.
Le retour en grâce intervient en 2020 avec Put the Shine On, 7e album marqué par plus d’un deuil et une nouvelle inspiration brutalement affichée. Trois ans plus tard, Bianca publie Au bord du ciel, recueil bilingue de poésie, paru aux éditions Au Diable Vauvert. Et, l’an dernier, Little Death Wishes enfonce le clou d’une forme de résurrection, où l’on (re)croise Chance the Rapper. Et force traumas. Nécessaires carburants pour toute carrière digne de ce nom.
Marc A. Bertin
Informations pratiques
CocoRosie,
lundi 8 juin, 20h,
Atabal, Biarritz (64).