Deuxième édition du festival estival concocté par La Marelle qui se déroule aux Chantiers de la Garonne, à Bordeaux. Rencontre avec Artus Kramerr, Hicham Moatassim, Lucas Arteaga et Nanfray Lefrais : les quatre loustics derrière cette bande (humoristique) organisée qui répond d’une seule voix.
Comment est née La Marelle ?
En janvier 2025. Nous sommes tous les quatre humoristes, on s’est rencontrés sur des plateaux d’humour. Nous étions un peu à nos débuts et pour jouer un peu plus, nous nous sommes dit que nous allions créer notre propre plateau. À nos yeux, il y avait un vrai manque, à Bordeaux, de plateau régulier ; une offre assez inégale, or, nous avions aussi un besoin de jouer plus souvent, en faisant, par exemple, plusieurs sessions dans la même soirée. Augmenter la fréquence de jeu, c’était un besoin pour nous et pour les gens de Bordeaux, car ça n’existait pas vraiment.
Pourquoi ce nom La Marelle ?
C’était un besoin de rappeler ce côté retour à l’enfance. La Marelle, c’est un dessin que l’on connaît tous à travers le monde. Dans la même veine, notre association, qui gère La Marelle, s’appelle « On a tous été des gosses ».
Tout au long de l’année, vous proposez trois comedy clubs hebdomadaires dans différents lieux. Comment faire pour garder le rythme et arriver à renouveler les humoristes ?
Pendant longtemps, nous avons rêvé de cette vie-là ! Nous avions tous un autre boulot avant, et l’objectif c’était de pouvoir jouer tous les soirs, donc c’est une chance, on ne va pas se plaindre maintenant que nous y sommes.
En plus des trois plateaux, nous avons des deals avec d’autres endroits dans Bordeaux où nous nous produisons, sans compter les événements privés (mariages, comités d’entreprise, enterrements de vie de garçon et de jeune fille…).
On joue quasiment du lundi au dimanche. Nous commençons à en vivre, même si ça reste très difficile. Pour les humoristes, c’est maintenant un cercle vertueux : nous sommes bien repérés et les gens de Bordeaux bien sûr, mais aussi de toute la France, nous contactent pour jouer.
L’arrivée de Jérémy Ferrari au Femina et de Maxime Gasteuil au Château Descas, qui déclarent tous les deux vouloir ouvrir des comedy clubs, voyez-vous cela comme de la concurrence ?
Pas du tout, il y a de la place pour tout le monde ! Cela va amener de la diversité. Nous ne sommes pas des stars du stand-up et nos offres sont différentes, avec des tarifs différents aussi parfois. Nous sommes un plateau local, faisant jouer beaucoup de talents locaux.
Le rire amène le rire, le stand-up n’est pas encore hyper démocratisé, surtout à Bordeaux, donc l’idée c’est que plus il y a de plateaux, plus les gens sont susceptibles de connaître et de venir voir des humoristes.
Côté artistique, Bordeaux et ses alentours représentent-ils un vivier assez large pour faire des plateaux humoristiques différents tous les soirs ?
Oui et non. Nous essayons de varier au maximum, mais ça fait vraiment du bien quand des gens de l’extérieur arrivent aussi. Nous manquons d’artistes et notamment de femmes. La parité n’est pas du tout respectée…
Votre actualité, c’est aussi un festival d’humour qui va durer tout l’été. Même s’il s’agit de la deuxième édition, ce festival est-il un point de bascule pour vous, avec une nouvelle échelle en matière d’investissement ?
C’est un défi que l’on a décidé de relever. Nous avons cette volonté de grandir en créant un événement, un rendez-vous attrayant pour tous les humoristes, connus ou non. Nous venons tous d’horizons et de métiers différents et nous nous sentons capables de le faire ensemble.
Nous avons aussi senti une demande du public que l’on voit toute l’année, qui nous a demandé ce qu’on faisait cet été. L’année dernière nous avions fait quelque chose aux Chantiers de la Garonne et le public nous demandait de repartir dans ce sens.
La venue d’humoristes tels Thomas Angelvy, Camille Lellouche ou Élie Semoun aurait pu vous permettre d’investir des lieux ayant une plus grande capacité d’accueil. Pourquoi avoir choisi de nouveau les Chantiers de la Garonne ?
Ça reste aussi l’identité de La Marelle : nous avons souvent joué dans des lieux authentiques et intimistes. Ici on retrouve cet ADN avec, en plus, une ambiance guinguette et une jauge entre 150 et 200 personnes. Ce qui ne nous empêche pas de prévoir aussi d’autres lieux et d’autres jauges. Le 17 décembre, par exemple, nous allons organiser la Marelle de Noël au Femina.
Nous sommes contents d’avoir une variété de lieux à proposer aux humoristes et aux spectateurs, car l’expérience est différente entre une grande salle et une cave de 60 personnes. Et ce côté intimiste, on veut aussi le garder, car il fait partie du stand-up, comme le montrent des endroits d’humour réputés tels que Le Paname à Paris ou le Comedy Cellar à New York.
Concernant la programmation, comment s’est déroulé le choix des humoristes : on vous appelle ou vous êtes allés les voir ?
Un peu des deux ! Nous avons aussi choisi des artistes que nous aimons beaucoup, qui nous touchent. Élie Semoun, c’est quelqu’un qu’on aime beaucoup, qui a bercé notre enfance. Camille Lellouche, elle a un super parcours, nous sommes contents de l’avoir… C’est un ensemble de choses !
Des passages attendus en particulier ?
Compliqué comme question… Peut-être Thomas Angelvy, car on le voit beaucoup interagir avec le public sur les réseaux et on a hâte de voir ce qui va se passer avec les Bordelais. Outre les têtes d’affiche, tous les noms qui sont présents jouissent d’une belle réputation aussi : La Robs, Ayoub Marceau, Ilyes Mela, Nordine Ganso, Tareek… et beaucoup sont des grands noms de l’humour, donc ça promet de belles soirées !
Propos recueillis par Guillaume Fournier
Informations pratiques
Marelle Comedy Club,
du vendredi 3 juillet au samedi 29 août, tous les vendredis et samedis,
Chantiers de la Garonne, Bordeaux (33).