« Ne rougis plus » présenté à la galerie Kaxu de Bayonne 10 visions sur le corps comme objet d’art, mais aussi, et surtout, comme objet politique.

Désirant, contraint, ou en lutte, le corps est au cœur de la dernière exposition consacrée à l’intimité du centre d’art bayonnais. Pour rendre compte de sa pluralité comme de ses contradictions, ce sont les regards d’une dizaine d’artistes qui sont présentés par « Ne rougis plus ».

Déconstruire les représentations dominantes de l’érotisme

Un projet de l’artiste Léon Lachamp et du duo de graphistes Cocktail propose de déconstruire les représentations dominantes de l’érotisme, de la sexualité et du désir. Un questionnement des normes également abordé par une installation de dole.in.the.atic, qui une fois qu’on la pénètre, rejoue les tensions entourant notre rapport au corps.

Plus loin, Dear Mother de Kiddy Smile et Anne Cutaia rend hommage à Nikki Gorgeous Gucci, pionnière en France du mouvement artistique et politique de la ball culture. La série de photographies Habibi de sixpointquatre, quant à elle, explore la mémoire affective des rencontres amoureuses. Aux côtés de ces arts visuels, se trouve un espace d’écoute et de réflexion autour de la santé sexuelle créé par la médecin bayonnaise Julie Rose, à l’origine du podcast Sex and Roses.

À quelques pas de la galerie, l’exposition se poursuit en plein air sur un mur de la place Paul-Bert par le biais d’un collage de photos réalisées par Ariane Fravalo et Lucie Francini. La série Poils incarnés dénonce pour sa part les injonctions esthétiques en immortalisant le portrait de femmes refusant de se soumettre au diktat de l’épilation. Une occasion d’interroger le corps lieu de désir, d’identité, de mémoire, de résistance mais aussi d’émancipation.

Flora Étienne

Informations pratiques

« Ne rougis plus »,
jusqu’au samedi 5 septembre,
Kaxu Galerie, Bayonne (64).