À La Roche-Posay, troisième édition du festival Bulles d’Ozons accueille une vingtaine d’auteurs où se mêlent professionnels aguerris et amateurs autoédités.

Avec près de 800 festivaliers rassemblés pour une ville de 1 500 âmes, le tout jeune festival Bulles d’Ozons peut s’enorgueillir d’un joli petit succès depuis son lancement. Un signe encourageant pour l’association qui a mis sur pied l’événement, il y a tout juste trois ans, grâce à la volonté de son président Thierry Heulers et de sa femme, un couple de bédéphiles habitués à arpenter les salons depuis vingt ans.

Longtemps investi dans le festival doyen de Ligugé, le duo a décidé de lancer ce nouveau festival viennois pour des raisons de proximité et pour répondre à la demande pressante de plusieurs créateurs, alors que l’historique salon de Ligugé semblait au point mort à la suite de l’éviction de son président. Restait encore à trouver le lieu propice pour accueillir les festivités ; l’Acropolya, vaste complexe municipal polyvalent, s’est imposé naturellement comme l’écrin parfait. Bénéficiant d’une salle de spectacle et d’un hall, l’espace a été configuré pour être le plus confortable possible, car comme l’explique le couple Heulers, il y a clairement l’envie ici de « cocooner les auteurs ». L’essentiel des invités est d’ailleurs logé chez l’habitant, un esprit familial et bon enfant que souhaite mettre en avant la manifestation.

L’autoédition en force

Si on retrouve des noms bien connus des bédéphiles, comme le confirmé Jean-Marc Stalner (Fabien M.) ou des héritiers du franco-belge à gros nez tel Fred Coicault (Les Bodin’s), Bulles d’Ozons s’ouvre largement à la découverte avec des nouveaux venus comme Ana Dess et Toec (qui signent l’affiche de cette édition), plus encore en consacrant 30 % de sa programmation à l’autoédition, une initiative audacieuse qui fait la spécificité de ce festival. Une manière de donner « sa chance à tout le monde », résument les organisateurs qui aiment à s’appuyer sur les affinités nouées au fil des années avec les auteurs dans les salons.

Débutant le samedi à 14h, les séances de dédicaces s’accompagneront de la projection de L’Histoire de la page 52, un documentaire de 2013 détaillant la création d’une page de Valérian par feu Jean-Claude Mézières, de kamishibaï pour les plus jeunes, et d’une exposition de Patrick de Luca explorant les dérivés graphiques des fables de La Fontaine sur différents supports publicitaires.

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À noter aussi la présence du fanzine spécialisé Tonnerre de bulles qui a sorti cette année son 40e numéro, une longévité que l’on souhaite à Bulles d’Ozons, qui a à cœur de s’inscrire durablement dans le paysage bédéphilique de la région.

Eugène Fullstack

Informations pratiques

Bulle d’Ozons, du samedi 11 au dimanche 12 avril, salle de l’Acropolya, La Roche-Posay (86).