Du 11 avril au 3 mai, à travers tout le Périgord et ses quatre couleurs, 112 demeures ouvrent grand leurs portes à la faveur de la 6e édition de châteaux en fête. Paroles à Julie Vigier, responsable de l’événement et sélection subjective de 4 châteaux.

Quelle est l’origine de la manifestation ?

Une initiative du comité départemental du tourisme de la Dordogne, en 2020, afin de permettre de visiter les châteaux, tous les châteaux, notamment privés, pour montrer l’étendue de notre patrimoine et donner envie aux visiteurs de franchir le pas.

Pour la première édition, nous nous étions associés au Département du Lot-et-Garonne. Désormais, c’est un événement 100% périgordin, qui ne cesse de grandir, ouvrant symboliquement, au printemps, la saison touristique, qui se referme en octobre avec Bastides en Fête. Je dirais que c’est une porte ouverte sur un Périgord secret.

À quel public s’adresse-t-elle ? Férus d’histoire ? Amateurs de vieilles pierres ? Familles ? Locaux ? Touristes étrangers ?

Châteaux en Fête est ouvert à tous les publics ! Certes, la communication est majoritairement axée sur le département de la Dordogne, toutefois, chacun est bienvenu, de Nouvelle-Aquitaine ou d’ailleurs. Nous ciblons plusieurs publics en vertu d’un programme d’animations et de visites inédites.

Quel est le principe à l’œuvre durant ces 3 semaines ?

L’essentiel des actions se tient en fin de semaine, même si parmi les participants, certains œuvrent dès le milieu de la semaine. Les réservations sont conseillées et, afin de concocter au mieux son programme, au cas par cas, j’invite à se connecter sur notre site internet.

Comment opérez-vous la sélection des 112 participants annoncés ?

Nous avons une base de contacts de 300 châteaux à qui nous présentons le projet lors d’une réunion d’information à chaque rentrée. Le cahier des charges est très simple : proposer a minima une animation inédite ; le prérequis pour s’inscrire. Toutefois, chacun est totalement libre sur son volet programmation. Dès lors que l’on s’engage, nous mettons à disposition un carnet d’adresses de prestataires et de partenaires afin de pouvoir aider les propriétaires dans l’organisation de leur programmation et de leur accueil.

Par ailleurs, nous nous appuyons sur les recommandations du réseau départemental des offices de tourisme. Jadis, la manifestation était fort représentée dans le Périgord vert, dorénavant, tout le Périgord est honoré. Nous ne faisons absolument pas de distinction et veillons à une bonne répartition pour respecter toutes les nuances du département.

Quelle est la nature des animations proposées ?

On y retrouve de tout ! Aussi bien de la brocante que des visites œnotouristiques, des déjeuners champêtres que des fêtes des plantes, du spectacle vivant que de la musique… Le mieux est encore de construire son programme via le site. Certaines demeures proposent, en outre, des formules d’hébergement pour lesquelles la réservation est hautement recommandée.

Certains participants touchent-ils un autre public que celui les fréquentant le reste de l’année ?

Effectivement, certains participants ouverts à l’année accueillent un public qui, d’habitude, ne vient pas le reste de la saison. De gros châteaux gagnent ainsi un nouveau public. Concrètement, les châteaux inscrits depuis le début nous restent fidèles et la satisfaction est globale. Parallèlement, il y a une progression du nombre de visiteurs. Le cercle est donc vertueux.

Enfin, la porte reste toujours grande ouverte pour qui souhaite nous rejoindre dans l’aventure. De notre côté, nous tentons d’avoir la capacité d’offrir le meilleur accueil et la meilleure qualité de gestion des projets. Nous nous sommes engagés dans une logique de qualité et non de quantité, donc, nous ne cherchons pas un « recrutement » massif, mais uniquement des portes ouvertes à la curiosité. Sinon, notre seul ennemi, c’est la pluie !

L’essentiel : Châteaux en Fête 2026, du samedi 11 avril au dimanche 3 mai.

La sélection de la rédaction pour les Chateaux en fête 2026

Périgord vert : château de Jaurias

Le château de Jaurias a été conçu et commencé vers 1760 par Léonard Aubin de Jaurias, notaire royal, devenu conseiller au Parlement d’Aix. Les propriétaires actuels sont ses descendants. La famille compte des personnages atypiques comme sœur Hélène, religieuse, qui partit évangéliser la Chine et y mourut en martyre…

On peut admirer son portrait dans le vestibule du château. Ou bien encore une aïeule décédée, qui resta 3 jours dans la chapelle du château… avant de reprendre vie à la surprise générale ! On visite cette chapelle pendant « Châteaux en Fête », visite gratuite et sans réservation.

Les dates :

  • Visites commentées les 18 et 19 avril.
  • Guignol en fête, spectacle de marionnettes, le 19 avril.
  • « Ronde à vélo des châteaux en fête » le 25 avril.

Périgord blanc : château de Barrière à Villamblard

Le château de Barrière, homonyme de celui de Périgueux, est une forteresse médiévale située au cœur de Villamblard, construite au XIIIe siècle autour d’un donjon carré.

Malmené par les siècles, le château, berceau du comte Wlgrin de Taillefer, récemment rénové, présente deux importantes collections d’objets provenant des forges voisines et du Périgord. Il héberge chaque année de multiples manifestations qui ont fait passer le château du statut de ruines à celui de pôle culturel du village.

Les dates :

  • Concert (payant) « La musique au fil du temps » avec Si Dolce, 25 avril, 20h.
  • Visites commentées du château, de ses collections et des extérieurs, 25 et 26 avril.
  • Démonstration de fabrication de vitraux par Florine Orieux et Romane Mercier. Exposition de leurs diverses réalisations, 25 et 26 avril.

Périgord pourpre : château de Monbrun 

Le château (ou la chartreuse) de Monbrun se situe à 17 km à l’est de Bergerac, dans la petite commune de Verdon, en Périgord pourpre. Il se trouve dans une grande propriété familiale et on y accède par une longue allée dans les bois, de près d’un kilomètre.

Monbrun est une chartreuse typique du Périgord, de style clairement néoclassique. De plain-pied, « bar-longue », elle recèle de nombreux détails architecturaux sortant de l’ordinaire, telle sa façade qui présente 5 corps de bâtiment en ligne. Construite à partir de 1765, c’était une propriété viticole, comme en témoignent encore son chai et ses deux très grandes caves. Inscrite à l’inventaire des monuments historiques en 1948, elle est depuis l’origine dans la même famille.

Les dates :

  • Découverte de vins du pays de Bergerac avec visite, 11 et 12 avril.
  • Dégustation de vins (Château Terre Vieille, gamme Chevalier par Terre Vieille ; Château Terre Vieille ; Divin / Ça Grappe, gamme Saint-Antoine-de-Breuilh).
  • Visite de la chartreuse : toutes les heures, de 14h à 18h, sur réservation, 11 et 12 avril.
  • Dégustation sans réservation de 14h à 19h, 11 et 12 avril.
  • Salon de thé.

Périgord noir : château de Belvès 

Édifié au début du XIVe siècle, à l’entrée de la cité médiévale, et doté de boutiques, le bâtiment primitif assure successivement les fonctions défensive, économique et résidentielle. Mis au goût du jour et pourvu d’une tour d’escalier, l’ensemble prend des allures de maison noble au lendemain de la guerre de Cent Ans. La récente découverte de peintures murales exceptionnelles, datées des XVe et XVIe siècles, confirme l’importance de ce lieu et la qualité des commanditaires.

Outre une scène historique encore énigmatique, l’édifice conserve un des rares exemples peints illustrant les Neuf Preux à cheval. L’union savante du gothique international et de la Renaissance italienne en fait un décor remarquable. L’ajout d’une seconde tour et de terrasses surplombant la vallée de la Nauze, au XIXe siècle, conduit alors à la nouvelle appellation de « château de Belvès ».

Les dates :

  • Spectacle musical (payant) et reconstitution, les 11 et 12 avril.
  • Visite guidée (payante) avec les propriétaires, les 11 et 12 avril.

Dossier réalisé par Marc A. Bertin