Depuis La Rochelle, aller-retour pour Kingston via Londres sans alourdir votre bilan carbone avec la prêtresse contemporaine du lovers rock Hollie Cook.

Plus de trois ans qu’on attendait des nouvelles de notre chouchou londonienne ; trois ans, c’est peu, mais le temps paraît si long sans les ritournelles irrésistibles de la meilleure représentante du lovers rock.

Un son plus pop et sucré

Ce sous-genre du reggae ne parle peut-être pas à tous les mélomanes de notre époque, mais après avoir fleuri dans les années 1970 à la faveur d’artistes comme Carroll Thompson, Brown Sugar ou Janet Kay, il a influencé des pointures comme The Clash, Horace Andy ou Gregory Isaacs. À contre-courant d’un reggae conscient d’obédience rastafarienne, le lovers rock se nourrissait de rocksteady, de soul et de la naissante culture sound system pour un son plus pop et sucré, souvent porté par des voix féminines.

Si Mme Cook aime prendre son temps, c’est aussi qu’elle fait bien les choses : entourée de son fidèle groupe The General Roots, depuis maintenant plus de dix ans, elle peaufine un son analogique délicieux, fourmillant de détails, dont les OG du genre auraient de quoi être fiers.

Plus qu’une simple question d’hérédité

Enfant de la balle (en l’occurrence de Paul Cook, batteur des Sex Pistols, et de Jeni, choriste pour Culture Club), elle prouve encore une fois qu’en matière de talent, le fruit ne tombe jamais bien loin de l’arbre.

Plus qu’une simple question d’hérédité, la chanteuse a surtout eu accès à une impressionnante collection de disques, qui, du dub à la pop en passant par le post-punk (fun fact, elle a fait partie de la reformation des Slits au début des années 2000), l’ont aidée à façonner son idiosyncratique tropical pop (comme elle la nomme elle-même) qui saura séduire même les oreilles les plus réticentes au reggae.

Benjamin Brunet

Informations pratiques

Hollie Cook + La Yegros + Siska,
vendredi 3 avril, 20h,
La Sirène, La Rochelle (17).