SARAH MCCOY.

On peut dire que le piano l’a sauvée, elle qui savait depuis longtemps que la musique serait son oxygène. Survivante d’une enfance parfois douloureuse, elle chante comme elle respire, dans un souffle.

Sarah McCoy n’est pas Cendrillon. Ses souliers sont des Dr. Martens™ (blanches). Ses habits, des hardes (noires). Un peu comme les années passées sur la route, et sur les planches gluantes de bière des troquets pas toujours bien fréquentés. Plus Cosette que Cendrillon donc.

Sa vie incite à construire une histoire où la fin aide à entendre le début, autant qu’à justifier les moyens. Ayant grandi dans une famille où père et grand-mère disparaissent trop vite et presque simultanément, elle s’accroche aux touches d’un piano, qui devient sa deuxième voix. Elle apprend le classique.

Aujourd’hui, elle caresse son clavier avec une délicatesse blessée. Un peu comme elle chante. D’une voix qui vous happe à l’instant, à la manière d’Ane Brun. Une voix qui porte le frisson de l’intime livré sans pudeur.

Sur le chemin, elle a emmené ses rêves d’avant, quand Janis Joplin chantait Me and Bobby McGee, hymne qu’elle porte en étendard dans ses errances californiennes. C’est à San Diego qu’elle ose la rue avec une guitare, puis les bars au piano. Or, sa place est ailleurs. La Nouvelle-Orléans semble représenter l’horizon le plus propice où livrer ses chansons tristes.

Embarquement dans une chignole à 500 dollars, direction la Louisiane et ses promesses. Engagée pour deux soirées par semaine au mythique The Spotted Cat Music Club, dans le quartier français, elle trouve enfin le terroir pour s’épanouir. Son blues froissé, cabossé et vital à la fois s’est renforcé avec le temps. Le jazz y a imprimé ses ruptures. La vie s’est chargée du reste.

Par hasard, elle croise le réalisateur français Bruno Moynié, qui lui consacre un documentaire. Il devient son manager, monte une première tournée française et lui fait rencontrer Renaud Letang et Chilly Gonzales, avec lesquels elle grave son premier album, Blood Siren, publié l’an dernier chez Blue Note Records !

Désormais, Sarah McCoy vit à Paris, mais sa musique n’a pas changé. Toujours celle d’une sirène de sang.

José Ruiz

Sarah McCoy « Blood Siren Tour », samedi 26 septembre, 19h30, L’Entrepôt, Le Haillan (33).
www.lentrepot-lehaillan.com
Concert maintenu dans le respect du protocole en vigueur le jour J.