Dans le cadre des célébrations des 10 ans de la Cité du Vin, à Bordeaux, l’exposition « le tour du monde en 50 régions viticoles » visible jusqu’à la fin de l’année célèbre la diversité des vignobles tout en invitant au voyage.

On ne fête pas tous les jours ses 10 ans. La Cité du Vin, à Bordeaux, a en conscience, concoctant jusqu’en décembre une programmation ad hoc ; ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle oublie la contribution de ses nombreux partenaires à sa réussite. Aussi, faudrait-il envisager « Le Tour du Monde en 50 régions viticoles » comme une espèce « d’hommage » selon les mots de Philippe Hernandez, directeur de la programmation culturelle et du développement.

Uniquement de la couleur

Le parti-pris semblait tout à la fois simple et périlleux puisque la Cité du Vin a posé juste une question à ses partenaires : comment résumer leur identité en une seule photographie ? Ici, nul commissariat. Un cahier des charges limpide : uniquement de la couleur. À l’arrivée ses 50 clichés ne constituent en rien un parcours thématique consacré au vin mais bien une plongée dans les civilisations du vin.

Surprise, à l’arrivée, 3 fils rouges font jour comme le souligne Philippe Hernandez : « la force des paysages, les gestes humains, et des lieux de mémoire ». Cet ensemble, hautement subjectif, présente donc des cultures du vin des régions de France aux 23 pays associés à la Cité du Vin, de l’Afrique du Sud à l’Uruguay. Au cours de la visite, le public notera parfois la présence de plusieurs partenaires provenant d’un même pays (Australie, Croatie, Grèce, Italie, Portugal) mais aussi celle des nouveaux venus (Maroc et Turquie).

Nécessaires langages universels

Le choix de formats moyens ne nuit en rien à l’appréciation des images qui, du Devon côtier à Mendoza, de la vallée de la Strouma aux qvevris (jarres en terre enfouies utilisées depuis 8 000 ans) de Géorgie, du botrytis de Bergerac au manteau neigeux recouvrant la plaine de la Bekaa offrent plus qu’un dépaysement attendu. Les sites éblouissent — vertigineuses terrasses du Conegliano Valdobbiadene, berceau du prosecco de Vénétie ; vignes aux pieds des Monts Atlas ; suhozidis (murets de pierre sèche bâtis manuellement désormais inscrits au patrimoine immatériel de l’Unesco) en Dalmatie du nord ; rangs surgis au milieu de la forêt slovaque de Hrušov ou poussant à l’ombre des falaises des Météores en Thessalie voire sous la protection de Junon dans le parc archéologique sicilien d’Agrigente.

Beauté du vrai génie humain — la Wormer Koeppchen surplombant la Moselle unissant Allemagne et Luxembourg —, splendeur de la nature — un chevreuil matinal en Transcarpatie —, tout rappelle le principe séculaire de ces lieux où l’on cultive l’un des plus nécessaires langages universels.

Marc A. Bertin

Informations pratiques

« Le Tour du Monde en 50 régions viticoles »,
jusqu’au jeudi 31 décembre,
Cité du Vin, Bordeaux (33).