Entre « amandes » à payer et adresses gourmandes pour petit budget, nombreuses sont les possibilités pour se réconforter en janvier. Sélection bordelaise sucrée-salée afin de redescendre piano des agapes de fin d’année et d’éviter la sensation de manque calorique.

GRAIN

Nicolas est peu ou prou la Miss Aquitaine de la boulangerie tant les diplômes et les titres ont récompensé son travail. S’il a CAP et bac pro dans les deux « matières », pâtisserie et boulangerie, c’est bien au moment de la galette des rois qu’il fait bel usage des deux.

En effet, c’est l’alliance de ce superbe feuilletage (on y compte pas moins de 25 couches) et de l’insert généreux de ses frangipanes (plus de 300 g par gâteau) qui offre une gourmandise inégalable, sans autre prétendant au titre ! Chaque année, la classique amandes avec sa savoureuse opaline (un caramel mixé) est back on track, mais deux autres nouveautés viennent exciter les palais.

En 2026, on hésite difficilement entre la noix de pécan (une tuerie) et la noisettes & gianduja (un reviens-y). Afin de produire environ 2 500 pièces, les quatre boulangers, les quatre pâtissiers et les deux indispensables touriers de la boutique Grain vont travailler d’arrache-pied, laissant le plaisir à tous de se régaler même s’ils ne décrochent pas la couronne.

  • L’adresse : GRAIN, 43, rue Capdeville 33000 Bordeaux

BOUILLON DES QUINCONCES

Si Zola racontait Le Ventre de Paris, écrivons celui de Bordeaux, côté Bouillon, côté Quinconces. Pas de surprise côté chapitrage ; œufs mayonnaise, poireaux vinaigrette, harengs marinés, coquillettes à la truffe, saucisse purée, andouillette… les classiques d’un bouillon parisien.

Ici, l’écriture de cette histoire demeure un sans-faute. Le décor s’anime, le lieu résonne, de ces endroits un peu bruyants qui ne sont finalement rien d’autres que des espaces vivants. Et gourmands ! Que dire de la jutosité de la saucisse si ce n’est que c’est parfait ?

Chartier avait, à la fin du XIXe siècle, donné ses lettres de noblesse à ses institutions parisiennes. Il aura fallu attendre bien après l’arrivée de la LGV pour que les Bordelais puissent enfin s’en régaler !

Informations pratiques

L’adresse : Bouillon des Quinconces, 36, allées d’Orléans 33000 Bordeaux

PAUL MERRY

La bataille d’Hernani concerne bien entendu la légitimité originelle entre gâteau basque à la crème ou à la confiture (de cerises noires d’Itxassou). Or, depuis l’ouverture de la délicieuse boulangerie Paul Merry, un nouveau cas d’école gastronomique mérite étude : peut-on baptiser « basque » un dessert, aussi délicieux soit-il, s’il ne correspond pas parfaitement à la recette qui se transmet de génération en génération, de Maitxou Maritxu à Anhoia, et d’Aïtor à Iban, d’Hondarrabia à Méharin, et de Saint-Palais à Bayonne ? Si les diktats sont faits pour être déconstruits et dépassés, alors cette recette est un pari réussi.

En effet, si elle respecte certains des atours d’un gâteau basque classique — croûte croustillante et dorée, crème généreuse, et parfum d’amandes —, elle les dépasse amplement avec cette couche d’appareil aux amandes incroyablement épaisse, incroyablement goûtue et avec une mâche qui pourrait presque s’assimiler à de la frangipane (les fruits à coques ne sont pas réduits en poussières, ils sont presque des grains de lumière !). En somme, peu importe comment on le nomme, tant qu’on s’en délecte ce gâteau annihile toutes les frontières de Nouvelle-Aquitaine.

  • L’adresse : PAUL MERRY, 210, rue Turenne 33000 Bordeaux

LUZINE

Le concept est d’être « comme à la maison » et sans doute un peu mieux que dans un décor Ikea tant ici le zellige de la crédence, les banquettes en velours vert bouteille et l’éclairage bien pensé confèrent au lieu une atmosphère conviviale et ouatée. Dans l’assiette le midi : une entrée, une quiche/croque, une salade ou un plat, tous du jour (à prix très abordables).

Ainsi, à la faveur de l’hiver, on se réchauffera d’un chou farci ou d’un gratin de crozets aux poireaux et saint-nectaire. La fraîcheur et la légèreté des salades contenteront ceux qui veulent pratiquer, en postprandial, quelques longueurs de piscine au Grand Parc tout à côté. Les pâtisseries maison régaleront les becs sucrés.

Que dire de plus de l’inénarrable café de l’Alchimiste si ce n’est, qu’à l’instar des softs artisanaux faits maison, ils viennent parachever un déjeuner, d’une très bonne note jusque dans les détails ! Quant aux mercredis et jeudis soir, la cantine se transforme en lieu de vie de quartier, où il fait bon déguster l’une des excellentes bouteilles de la cave accompagnée de charcuteries triées sur le volet.

  • L’adresse : LUZINE, 84, rue Camille-Godard 33000 Bordeaux

Charlotte Saric