Maintenant que les périodes de carême touchent à leur fin, place à l’abondance et à la joie des assiettes sans timidité. Quatre adresses en Nouvelle-Aquitaine célébrant les jeûnes qui s’achèvent et les appétits qui reviennent !

Le Comptoir du Marché

Dans sa vie d’avant, Serge était producteur audiovisuel, maintenant qu’il a obtenu son CAP de cuisine et entrepris cette reconversion, ce sont les producteurs de la région qui alimentent son établissement. Car bien que sis dans des halles, il s’agit ici d’un véritable restaurant, qu’on pourrait même qualifier de familial.

Reste à voir si le dimanche, Tatie Jeanine serait aussi large que Serge sur les portions qu’elle sert… Avec un plat du jour à 14€, élaboré, de saison, goûtu et pas chiche pour un sou, la formule a de quoi amplement séduire. À la carte qui change tous les mois, trois entrées, quatre plats (qui contentent les carnassiers, pescétariens et végétariens) et trois desserts plus une carte des vins avec autant de blancs, de rouges, quasiment tous en bio et au prix unique de 26€ !

Qu’il travaille la truite de Banka, le bœuf de l’Aubrac en tataki ou l’agneau des Pyrénées, le néo-chef officie avec justesse, bon goût, générosité (on n’aura de cesse de le souligner) et un plaisir infini que l’on ressent bien dans l’assiette. Last but not least, il y a aussi ici autour du comptoir un mets absolu : le poulet croustillant que les petites personnes pourront déguster en formule enfant. Pas étonnant que les habitués y aient, au sens propre du terme, leur rond de serviette. Eh oui, comptoir de famille !

  • L’adresse : Les halles de Talence, 316 bis, cours de la Libération, Talence (33)

Barranco

Qu’importe le flacon pourvu qu’il y ait l’ivresse ? Non, il faut savoir apprécier lorsque le cadre est somptueux et la cuisine délicieuse, quand le fond et la forme s’unissent pour offrir une parenthèse assez exceptionnelle. Et finalement applaudir.

Barranco se présente comme un bistrot Nikkei ; soit celui de la fusion entre les cuisines péruvienne et japonaise. Alors on y fait la part belle aux poissons crus ou aller-retour, aux épices, aux notes d’agrumes (citron vert, combava, citronnelle), au maïs, à la patate douce et au manioc. On découvre des invitations au voyage aussi entraînantes que le tiradito de conchas de abanico (sashimi de noix de Saint-Jacques, leche de tigre, aji amarillo), le sudado de thon, le katsu sando (sandwich japonais à la volaille croustillante) ou la soupe tom kha kaiad deliciosa.

Pour savoureux et recherchés que soient les ingrédients de ces plats aux horizons différents, ils n’en demeurent pas moins copieusement servis. De plus, les cocktails auront, sans nul doute, pour les amateurs un petit goût de reviens-y !

  • L’adresse : Barranco, 49, rue Gambetta, Biarritz (64)

Pinch

Consensuel dans ce que le terme a de plus noble, c’est-à-dire qu’il s’agit là d’une adresse qui fait plaisir à tous, contente tous les palais, et sustente les plus gourmands avec, une fois encore, la générosité pour mot d’ordre. Le menu du midi change chaque semaine, au gré des envies et des inspirations de Pierre, le chef, qui après avoir fait ses armes à La Réunion (d’où l’excellent filet mignon au combava, à la cuisson juste et parfaite ou la purée de chou-fleur à la vanille) est venu s’installer, aux côtés de Flavien, non de la porte de la Monnaie.

À quelques pas de la gare Saint-Jean, du tnba ou de l’IUT Bordeaux-Montaigne, ils lancent dès ce printemps, pour les pressés, les étudiants ou les voyageurs, une formule à emporter : le fameux « pinch’nique » avec notamment un superbe croque à la truffe. Le restaurant est ouvert en continu, avec un service tardif idéal pour les sorties de spectacles. Si la salade pomme fenouil avec son assaisonnement irréprochable semble être une valeur sûre, le véritable incontournable ce sont les gambas croustillantes (en pâte filo), qui sont dé-cor-ti-quées ! Et ça c’est un véritable bonheur. Mais loin d’être le seul… 

  • L’adresse : Pinch, 34, rue Porte-de-la-Monnaie, Bordeaux (33)

A Putìa (Sicilia in Bocca)

Dans cette petite épicerie fine-traiteur, il n’y a, en général, que trois focaccie mais déjà trop de choix, tant elles sont délicieuses. C’est cornélien d’opter soit pour la jambon blanc-crème de truffe-fior di latte-roquette ou la mortadelle-pesto pistache-fior di latte ou encore la saumon fumé-aïoli-roquette-oignons confits. La focaccia est parfaitement alvéolée et aérée, un passage sous le grill la rend parfaitement croquante, sans mentionner l’abondance de la garniture : c’est gras tout ce qu’il faut, c’est parfumé tout ce qui fait saliver.

Idéal à emporter avant d’aller voir un match de l’UBB ! Pour les plus aventureux, une nouvelle adresse vient d’ouvrir dans le centre commercial Mériadeck avec chaque jour, au moins cinq ou six recettes différentes et donc autant d’hésitations face à tant de réussite. Avec les 20 places qui s’y trouvent, on prend l’option de s’y poser !

  • L’adresse : A Putìa (Sicilia in Bocca), 310, rue d’Ornano, Bordeaux (33)

Charlotte Saric