De la Rochelle à Bayonne de Rochefort à Bordeaux, tour d’horizon des expositions à ne pas manquer en Nouvelle-Aquitaine en février et mars.

Flottaison à La Rochelle

Le Phare des ruisseaux, c’est la tentative de Shuling Liu de prendre de la hauteur pour observer les profondeurs de l’océan. Née à Chongqing, en Chine, la plasticienne a grandi à 1 200 km des côtes. Pour elle, la mer est ambivalente. Le bord de mer est un lieu de divertissement : sur les plages, dans les ports, on s’y promène. Sous la surface, l’ambiance apparaît douce, silencieuse, teintée de lumière tamisée. Mais, c’est en réalité un environnement pour lequel nous ne sommes pas adaptés. Un lieu foisonnant de vie, mais où la mort est omniprésente.

À la suite d’un cycle de résidences à la Corderie Royale de Rochefort et aux Usines de Ligugé, elle présente une installation inédite, monumentale, occupant les dix mètres sous la voûte de la Chapelle des Dames Blanches à La Rochelle. Évoquant la charpente d’un navire en construction et/ou le squelette d’une baleine, la structure faite de bambous assemblés est construite sur le modèle des échafaudages en bambou, maintenus uniquement par ligatures.

  • À retenir : « D’où je viens, on ne voit pas la mer », Shuling Liu, du vendredi 6 février au mercredi 25 mars, Chapelle des Dames Blanches, La Rochelle (17).

Vivant au Jardin botanique à Bordeaux

Le Jardin botanique de Bordeaux présente « Contre-nature, dessiner l’Anthropocène », une exposition de l’artiste 1011 qui interroge notre rapport au vivant à l’ère de l’Anthropocène. À travers quatre séries de dessins hyperréalistes (21 œuvres), le parcours explore les menaces qui pèsent sur la biodiversité et les traces que l’humanité laisse sur la planète.

En dialogue avec les collections naturalistes de la bibliothèque patrimoniale du Jardin botanique, ces œuvres proposent un regard artistique et critique sur l’environnement contemporain.

  • À retenir : « Contre-nature, dessiner l’Anthropocène », jusqu’au dimanche 19 avril, Jardin botanique, Bordeaux (33).

Mon pays et Paris… et Bayonne !

Elle était la « Vénus noire », mais connaît-on vraiment Joséphine Baker ? Derrière l’icône planétaire, se cache une femme — Freda Josephine McDonald, née en 1906 dans le Missouri —, résistante durant la Seconde Guerre mondiale, défenseure des droits civiques aux États-Unis. 

« Joséphine Baker, libre et engagée », exposition créée par Paris Match (à l’occasion de son entrée au Panthéon) et enrichie d’archives militaires inédites, retrace via une scénographie en trois volets son parcours d’artiste, de femme engagée et de mère aimante.

« J’ai été reçue dans des palais de reines et de rois, dans des maisons de chefs d’État, mais je n’ai pas eu le droit d’entrer dans un hôtel d’Amérique, ni de demander une tasse de café. Et ça m’a rendue folle. »

  • À retenir : « Joséphine Baker, libre et engagée », jusqu’au dimanche 10 mai, DIDAM, Bayonne (64).

Faune sauvage à Billère

Depuis la nuit des temps, l’art s’intéresse aux animaux pour leur pouvoir d’évocation, et leur capacité à provoquer en nous fascination, peur, effet miroir ou questionnements. Avec « Les Animaux ne portent pas de chaussures », Anne-Laure Lestage, commissaire d’exposition, diplômée en histoire de l’art et en muséologie de l’École du Louvre de Paris, invite à une nouvelle forme de rencontre avec le vivant : une expérience éthologique sensible.

Le public est convié à découvrir un bestiaire merveilleux empli de douceur. On y rencontre chimères, silhouettes et textures où le geste de l’artiste caresse celui de la faune. À travers peinture, dessin, installation, sculpture, vidéo et tapisserie, les seize œuvres replacent l’intuition et l’affection, l’humour et le jeu au centre de l’expérience de visite.

  • À retenir : « Les animaux ne portent pas de chaussures », jusqu’au samedi 14 mars, grande galerie, Le Bel Ordinaire, Billère (64).


Balises à Rochefort

Jusqu’au 1er novembre, la Corderie Royale de Rochefort accueille « Totems », fruit d’une carte blanche offerte par le Centre international de la Mer aux plasticiens Coco Fronsac et Jim Skull.

Ce parcours immersif et monumental présente une soixantaine d’œuvres au cœur de ce joyau du patrimoine industriel du XVIIe siècle. En détournant les codes du matelotage pour créer une forêt de cordes onirique, les artistes font dialoguer l’histoire du lieu avec leur vision et invitent le visiteur à franchir cet enchevêtrement pour atteindre des « clairières » où se dressent les totems.

Ces structures, fières et graphiques, rappellent autant les mâts de la Royale que les liens mythiques reliant le monde terrestre aux espaces célestes. La palette chromatique de l’installation, elle, rend hommage à Ettore Sottsass et au courant Memphis, insufflant une énergie pop et contemporaine au lieu.

  • À retenir : « Totems », Coco Fronsac & Jim Skull, jusqu’au 1er novembre, La Corderie Royale, Rochefort (17).

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