À Brive-la-Gaillarde, le chorégraphe Jean-Claude Gallotta évoque les liens forts qu’il a noués avec le cinéma et les cinéastes au fil de 45 ans d’un parcours ouvert à tous les arts.
Création 2024 dans le cadre du festival Séquence Danse Paris, Cher Cinéma ne cache pas sa nature profonde : celle d’un hommage déployé en une série de courts textes épistolaires et de formes dansées.
Une invitation à l’imagination et au partage
Pour Jean-Claude Gallotta, disciple du légendaire Merce Cunningham, le cinéma aura non seulement été une école du regard, mais également une magnifique formation continue ayant naturellement nourri son œuvre, au gré des rencontres, échanges et collaborations. Pour partager les traces de cette présence, le chorégraphe grenoblois a choisi d’adresser une série de lettres à des cinéastes, parmi lesquels Federico Fellini, Anne-Marie Miéville, Leos Carax, Nanni Moretti, Jean-Luc Godard, Nadège Trebal ou Raoul Ruiz. Sur un plateau nu que seule la lumière habille, la voix du chorégraphe prend le ton de la confidence.
De la même façon que My Rock (2004) et My Ladies Rock (2015) célébraient les musiques ayant forgé son parcours, Cher Cinéma évoque sa relation intime au 7e art, sans toutefois lui emprunter images ou musique. Conçue comme un chemin poétique, une invitation à l’imagination et au partage, cette nouvelle pièce privilégie mots et mouvements afin de convoquer les souvenirs.
Au plateau, un ballet charnel et poignant, tout de noir et de blanc. Comme dans une salle de cinéma, le noir cueille le spectateur. Puis, une voix résonne, celle de Gallotta : « Au fond, je n’ai eu qu’une école, le cinéma… » À partir de douze missives intimes, écrites à la première personne, Gallotta déploie autant de tableaux incorporant les mots, sans jamais tomber dans l’illustration.
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Avec une énergie folle, des élans fluides et précis, et sa puissance d’image, son écriture jaillit de ces neuf interprètes de toutes générations, corps androgynes aux costumes chics comme pour une montée des marches. En surimpression du geste, les mots nourrissent un ballet fugace et aérien, émouvant et burlesque. Dans les plis de la mémoire du grand écran.
Delbert “Sandman” Williams
Informations pratiques
Cher Cinéma, chorégraphie Jean-Claude Gallotta, assistante à la chorégraphie Mathilde Altaraz, mercredi 29 avril, 20h, théâtre de Brive, Brive-la-Gaillarde (19).