Jusqu’au 2 août, le Confort moderne, à Poitiers, accueille 10 talents passés par le programme d’accompagnement des jeunes diplômés entre l’ésam, l’ÉESI et le Confort moderne avec l’exposition « les noces de coquelicot ».

10 artistes. 10 médiums. 10 visions. 1 point commun : avoir effectué son programme d’accompagnement dans le cadre d’une résidence de création post-diplôme, offerte par le Confort moderne en partenariat avec l’École supérieure d’arts & médias de Caen/Cherbourg et l’École européenne supérieure de l’image Poitiers/Angoulême.

Pas de bilan, mais une espèce de photo de groupe après 8 ans de dispositif. Un groupe paritaire, mêlant représentants des premières promotions et résidents 2026 (Anna Bonadé et Théodore Deleplace).

Talents aux pratiques affirmées

Soit une génération de trentenaires que Jocelyn Moisson, commissaire d’exposition indépendant, connaît plutôt bien pour avoir souvent écrit sur elle. En outre, sa proximité a facilité la conception de cette exposition collective, accueillie avec enthousiasme par les premiers intéressés. À l’arrivée, un portrait en coupe de talents aux pratiques affirmées.

Des Gryffes de Lou Parisot, tikis extraterrestres déclenchant des ondes venues d’ailleurs ou diffusant d’étranges mélopées, à l’espèce de salle à manger/d’attente d’aliens échappée d’un cauchemar gothique où le mobilier aurait fusionné avec le principe organique, des objets liturgiques pour rituels sans âge (artefacts d’un culte de l’après ?) de Théo Guézennec au bunker/monolithe diffusant des drones menaçant de Théodore Deleplace, des figures humaines mutilées par la gravité ou les voyages spatiaux de Leo Fourdrinier aux sculptures en savon de Marseille de Charlotte Delval entre fragments d’écorchés et miel invasif façon The Blob, en passant par les monumentales tentures en laine de Théophile Peris dont le bestiaire biblique semble s’enfuir des riches heures de Jérôme Bosch, l’humeur inquiète, transpirant une indéniable urgence.

Jocelyn Moisson, lui, évoque « l’indécision, l’émancipation, une potentielle fin dont le début semble inconnu », fidèle à sa quête d’une histoire à contretemps « face à l’accélération et à la marche du progrès ».

Si les précieux petits formats signés Arthur Marie, en écho au flou de Gerhard Richter, convoquent des présences spectrales, les toiles de Clément Davout, tels des cyanotypes acidulés, parfois à la lisière du monochrome, redonnent un souffle de vie, y compris dans leurs formes les plus abstraites. N’est-ce pas, in fine, l’allégorie du coquelicot, symbole de passion, de délicatesse et de résilience ?

Marc A. Bertin

Informations pratiques

« Les noces de coquelicot »,
jusqu’au dimanche 2 août,
Le Confort moderne, Poitiers (86).