Affiche millésimée années 1990, pour date unique à La Rochelle, Sixteen Horsepower + Elysian Fields. Entre nostalgie, temps passé et voix mythiques.
Un plateau tel un voyage dans le temps. 30 années, au bas mot. La sensation de (re)vivre l’heure de gloire d’une certaine scène indépendante. D’un côté, la formation americana gothique de David Eugene Edwards, émule de Jeffrey Lee Pierce. De l’autre, un groupe tel un éther noir, porté par la suffocante voix de Jennifer Charles.
Opposition de styles
Une opposition de styles également. Néo-cowboys de Denver, Colorado, rêvant de folklore appalachien. Intellos hip new-yorkais pervertissant le jazz moite façon Helen Merrill. Et des fortunes diverses. 6 albums, séparations et hiatus pour Sixteen Horsepower. Le double de références et nulle interruption de programme pour Elysian Fields.
Toutefois, un point commun. Le tropisme francophone. Deux anciens Passion Fodder, en exil californien, Jean-Yves Tola (batterie) et Pascal Humbert (basse), au sein du noyau historique de Sixteen Horsepower. Des étiquettes françaises — Vicious Circle ; Microcultures —, néo-aquitaines de surcroît, et un bijou pop avec feu Jean-Louis Murat (A Bird on a Poire, 2004) pour Elysian Fields.
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On devine, sans trop se tromper, l’appréhension à retrouver les premiers, même si le fan club d’Edwards s’est consolé de longue date avec son prolifique projet Wovenhand. Seule certitude, celle d’une soirée bicéphale, oscillant entre sombre abords et songes languides, puissance du gospel et murmures d’un rare érotisme.
Envoûtement sur commande et non le trop convenu « deux salles, deux ambiances ». Après, il n’est pas interdit de régler les différends à coups de chaînes de vélo, dans une ruelle de La Pallice…
Marc A. Bertin
Informations pratiques
Sixteen Horsepower + Elysian Fields + After Club,
samedi 6 juin, 20h,
La Sirène, La Rochelle (17).