De la Guinguette Alriq à la campagne limousine, du folklore contemporain à la musique écrite et à l’electro minimale, Einstein on the beach continue contre vents et marées de cultiver une approche pataugeuse et conviviale des musiques expérimentales. En témoignent deux nouveaux rendez-vous à Bordeaux.
Outre les activités artistiques hybrides de son fondateur, Yan Beigbeder, l’association bordelaise Einstein On The Beach (EOTB) poursuit, malgré un contexte peu avenant, sa mission de promotion d’aventures d’écoute qui nous invitent hors des sentiers battus. Et ce, en cultivant toujours une vision hautement inclusive et partageuse de son action.
Part belle à la surprise et à la convivialité
Pour la 6e édition de Court-Circuit, festival en espace public qui se tiendra fin août, à Bordeaux, entre le square Vinet et le marché des Capucins, par exemple, EOTB travaille avec deux structures œuvrant à la formation et à l’insertion des jeunes : l’association bordelaise Entr-autres et le Sémaphore à Artigues, lieu d’accueil et d’orientation ouvert par le Diaconat de Bordeaux à destination des mineurs non accompagnés.
Cette collaboration permettra d’associer plusieurs jeunes gens à la préparation et à l’organisation d’un festival qui fait la part belle à la surprise et à la convivialité. Les centres d’animation, avec lesquels Yan Beigbeder collaborent depuis longtemps, seront également de la partie.
Cette action se poursuit également en milieu rural, de la Gironde à la Haute-Vienne, où se tiendra le dernier week-end d’octobre une nouvelle édition de Sons migratoires, festival réunissant, autour de ce que Yan Beigbeder appelle « les musiques d’essence patrimoniale contemporaines », la Ferme de Villefavard, le Théâtre du Cloître de Bellac, le collectif Tutti et l’association Alapage.
Nouveaux rendez-vous
Pour l’heure, ce sont deux nouveaux rendez-vous bordelais qui viennent ponctuer ce mois de mai. Tout d’abord, Alriq on the Beach, associant EOTB et l’iconique guinguette pour « inventer des moments un peu plus étranges mêlant musiques du monde buissonnières et, en première partie, des artistes de la scène bordelaise ».
Au menu de cette première édition : Sukh Mahal, trio dont le folklore tzigane imaginaire croise musiques roms, indiennes et soufies avec le rock et le jazz modal. En première partie, Terrine, projet de la Néo-Bordelaise Claire Gapenne, nous gratifiera de sa musique électronique expérimentale joyeusement barrée dont les titres d’albums (En mode Norah Jones, 2026 ; Jazz Band Theory, 2026) soulignent bien l’humour absurde.
Le 30 mai aura ensuite lieu la première d’une série d’escapades « dans des lieux remarquables et parfois méconnus ». C’est le quartier de Bordeaux-Maritime qui ouvrira le bal, dans le cadre de la Fête de l’Angélique, organisée par l’association des Amis du Carrelet.
Autour d’une sardinade et de l’inépuisable collection de vinyles de Yan Beigbeder, trois balades sonores feront intervenir le magicien du son Loïc Lachaize, l’anguillologue Mélanie Gaillard, la naturaliste Erine Wild et la violoncelliste Julie Läderach. Cette dernière interprétera les préludes pour violoncelle seul de la compositrice russe Sofia Gubaidulina (1931-2025), et du Géorgien Sulkhan Tsintsadze (1925-1991). Autant de moments rares en perspective.
David Sanson
Informations pratiques
Alriq on the Beach #1,
mercredi 13 mai, 20h30,
Chez Alriq, Bordeaux (33).
Off the Beach,
samedi 30 mai,
parc des berges de la Garonne, Bordeaux (33).