Royan, Nay, Chatellerault ou Oiron, voici les destinations immanquables pour le tour des musées de cet été 2026.
Par l’emploi de la force publique à Châtellerault
« Manu Militari »unit Guillaume Chiron et Anthony Bonnin pour une réalisation spécialement adaptée au contexte de la Manu et du 208, espace d’exposition situé derrière les tours Vilmouth, monument emblématique de Châtellerault.
Ce projet est né d’une collaboration déjà éprouvée entre deux artistes poitevins reconnus dans le domaine de l’image et de la scénographie. À l’image de son titre, il ambitionne de confronter une vision actuelle du site de la Manu, dédié aux villégiatures contemporaines (sport, culture, promenades et loisirs), à son histoire industrielle et militaire.
Exposition « sur-mesure »
Deux temporalités antagonistes se mélangent dans cette exposition pop, décalée et ironique. La création d’une infrastructure d’exposition « sur-mesure » organise la mise en récit des images fondées sur la pratique historique du collage. À deux pas de l’espace du Chat Noir et de son théâtre d’ombres présenté au sein du Grand Atelier, les deux artistes construisent, en écho, des illusions d’optique contemporaines, praticables physiquement par les visiteurs.
L’installation artistique s’est en partie construite au 208, redevenu durant deux semaines atelier de production. Le projet revendique un processus de création localisé et artisanal au moment où nos images et décors sont de plus en plus produits par l’IA et par des modes de production dématérialisés.
- En bref : « Manu Militari », Guillaume Chiron et Anthony Bonnin, jusqu’au dimanche 6 septembre, 208, site de la Manu, Châtellerault (86).
England is mine au chateau d’Oiron
À l’occasion du bicentenaire de l’invention de la photographie, le Centre des monuments nationaux consacre à Karen Knorr une double exposition déployée entre les châteaux d’Azay-le-Rideau et d’Oiron.
À Azay-le-Rideau, cette rétrospective de quarante années de création fait apparaître l’une des lignes de force de son œuvre : l’exploration sensible des liens unissant les lieux à ceux qui les habitent.
Décors et charges symboliques
Au château d’Oiron sont présentées deux séries emblématiques, « Punks » et « Questions after Brecht » témoignant à la fois des débuts de sa carrière et de ses recherches artistiques plus récentes.
Depuis ses premières séries réalisées dans les intérieurs de la bourgeoisie londonienne jusqu’à ses explorations des musées et monuments historiques, l’artiste interroge la manière dont les lieux façonnent ceux qui les occupent, et réciproquement. Son œuvre, marquée par une attention particulière aux décors et à leur charge symbolique, révèle les liens subtils entre architecture, mémoire et représentation sociale.
- En bref : « No Future », Karen Knorr & Olivier Richon, jusqu’au dimanche 1er novembre, château d’Oiron, Oiron (79).
Regards modernes à Nay
Pour sa saison estivale, la Maison Carrée de Nay présente un ensemble de photographies du célèbre photographe Jean Dieuzaide consacré à l’industrie.
La guerre est finie, un vent nouveau de modernité souffle sur la France. Depuis Toulouse, Jean Dieuzaide, en observateur éclairé, documente les grandes transformations de son époque.
60 tirages photos originaux
Plus de 60 tirages photographiques originaux constituent un témoignage de premier ordre sur les transformations profondes d’une époque : l’essor économique de l’après-guerre, l’avènement de la modernité technologique, et le passage d’une France rurale vers une société industrialisée à l’image de la série photographique des usines de Nay.
En posant un regard audacieux sur une société en pleine mutation, Jean Dieuzaide joue avec les formes de l’architecture industrielle. De la géométrie austère d’un four de cracking aux lignes pures du Concorde, avec une grande rigueur formelle, le photographe nous présente la machine au rang de sujet artistique.
« Les Temps modernes » invite à découvrir à travers la photographie l’histoire d’une mutation qui a façonné notre monde contemporain et qui nous rappelle que le vrai mystère du monde est le visible.
- En bref : « Les Temps modernes », Jean Dieuzaide, jusqu’au samedi 17 octobre, Maison Carrée, Nay (64).
Des mythes à voir à Royan
Richard Texier est un artiste de renommée internationale aux talents multiples, peintre, sculpteur, graveur et écrivain.« Cosmogonie », superbe et rare exposition, prend place aux Voûtes du Port de Royan.
Certains se souviennent de son atelier nomade au phare du Cordouan à l’été 2003, d’autres, de l’exposition de son ami Zao Wou-Ki à CAP Royan en 1999.
Créativité et origine des formes
« Cosmogonie » rassemble des œuvres réalisées depuis les années 1990, dont certaines inspirées de son séjour au phare de Cordouan. Elle met en lumière une création nourrie par la liberté, le voyage et la recherche constante de nouveaux horizons, ainsi que son concept de l’« Élastogenèse », réflexion personnelle sur la créativité et l’origine des formes.
En bref : « Cosmogonie », Richard Texier, jusqu’au 30 août, Centre d’Arts Plastiques, Royan (17).