Portée par l’association La Dynamo, la manifestation niortaise défend une approche singulière entre musique alternative et proximité avec les habitants. Stefan Bergé, membre de l’association, lève le voile sur cette 9e édition.

MÉANDRES, qu’est-ce exactement ? Un festival ? Un parcours musical ? Une expérience collective ? 

Le festival est né de l’association La Dynamo, dont l’ambition est de développer des actions à la fois culturelles et citoyennes. L’événement a débuté en 2017. Les moyens étaient limités, les concerts se déroulaient dans de petits lieux, souvent chez l’habitant, devant des jauges réduites, 20 à 25 personnes. 

La programmation s’oriente vers des musiques alternatives ou expérimentales. Comment se construit votre ligne artistique ?

On essaie surtout de proposer des artistes que l’on a envie de défendre, et qui ne sont pas forcément très visibles. Ce sont souvent des projets explorant des formes différentes, parfois expérimentales, mais qui restent accessibles. Le festival n’est pas conçu autour d’un genre précis : ce qui nous intéresse, c’est plutôt l’énergie des projets et la manière dont ils peuvent résonner. Cela permet au public de découvrir des artistes qu’il n’aurait peut-être pas rencontrés dans un cadre plus traditionnel. 

S’il fallait citer quelques immanquables de cette édition, qui recommanderiez-vous ? 

Nous refusons d’avoir des têtes d’affiche. Tous les artistes présents méritent d’être écoutés et découverts. Il y aura plusieurs moments forts, mais ce qui fait aussi la singularité de Méandres, ce sont les projets s’affranchissant des formats habituels. Cette année, par exemple, un groupe, issu d’un atelier musical mené dans un centre psychiatrique, va se produire. Toutefois, nous nous réjouissons de la venue de Pascal Bouaziz, une figure jugée « culte » dans le milieu indépendant. Il assurera l’ouverture du festival, le 17 avril, chez l’habitant.

Méandres revendique une forme d’itinérance. Pourquoi cette idée de festival en mouvement ? 

C’est lié à l’histoire même du festival. Les spectateurs se retrouvaient dans un appartement pour écouter un concert, puis, se déplaçaient de quelques rues pour assister au suivant. Cette logique d’itinérance est restée. Aujourd’hui encore, les concerts peuvent se dérouler dans des lieux très différents : espace public, temple protestant, médiathèque… Avec quelques phares comme le Moulin du Roc, le cinéma d’art et d’essai de Niort pour la projection du film Souvent l’hiver se mutine en présence du réalisateur, Benoit Perraud. Ce sera l’un des derniers lieux d’itinérance, avant que les deux derniers jours de concert se concentrent sur un lieu unique.

Les spectateurs peuvent aussi dormir chez l’habitant pendant le festival. Est-ce une manière de renforcer cette logique de rencontre ?

Les artistes présents viennent de tous les horizons et nous aimerions qu’il en soit de même pour le public du festival. Si des festivaliers viennent de loin, ils contactent l’association et des bénévoles acceptent de les accueillir chez eux pendant le festival. On dépasse le simple cadre du concert pour entrer dans une forme d’hospitalité et de partage. Les gens ne viennent pas seulement écouter de la musique, ils viennent pour vivre une expérience collective. 

Le festival accorde aussi une place au jeune public…

…on essaie de penser le festival pour qu’il soit plus accessible aux plus jeunes. Cette année, on propose un conte musical destiné aux enfants, à partir de 7 ans, signé par les musiciens Maxwell et Tadek. Cela permet aux enfants de découvrir la musique et la création dans un cadre assez libre, tout en restant fidèle à l’esprit du festival. 

Le festival semble aussi attaché à une forme d’artisanat, un choix assumé ? 

Depuis le début, Méandres s’est construit avec assez peu de moyens et beaucoup d’énergie collective. On fonctionne avec le système D. Il y a vraiment une dimension artisanale dans la manière dont on organise les choses. Tous les bénévoles s’impliquent à la hauteur de leurs possibilités, chacun apporte ce qu’il peut : un lieu, un coup de main, une idée. On aime cette façon de faire. Elle reste dans la fibre du festival avec cette volonté très forte de proximité les uns avec les autres.  

Propos recueillis par Justine Chanteau

Informations pratiques

MÉANDRES – Le festival de La Dynamo, vendredi 17, mardi 28 et jeudi 30 avril, du vendredi 1er au samedi 2 mai, Niort (79).