Le 19 juin inauguration, à Solférino, de la 30e œuvre de la forêt d’art contemporain, Le Conciliabule, création de Lou-Andréa Lassalle-Villaroya, issue de six années de travail collectif. Entre légendes landaises et mémoire impériale, l’artiste fait émerger de nouveaux récits, partagés à l’échelle du village.
Solférino est une création. Situé dans les Landes, ce village a la particularité d’avoir été fondé par Napoléon III. Son ambition : civiliser, assainir et exploiter ces terres à travers le projet d’une ferme impériale. Au cœur du domaine, il développe alors cette cité utopique, constituée de cottages et d’un plan symétrique, destinée à accueillir les forces vives de cette domestication de la nature. Longtemps, la mémoire impériale fut entretenue par quelques amateurs qui reconstituaient des festivités du XIXe, avant que l’événement ne s’étiole récemment.
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Réactiver le patrimoine
Invitée en 2020 par La Forêt d’Art Contemporain, Lou-Andréa Lassalle-Villaroya reçoit une commande : concevoir une œuvre qui réactive ce patrimoine. Débute alors un long projet durant lequel la démarche de l’artiste entre en négociation avec ce territoire. D’aucuns souhaitent un hommage impérial. D’autres n’attendent rien. Elle, en revanche, refuse toute idée de culte personnalisé.
L’artiste retient cependant la dimension festive de cette histoire, un aspect qui n’est pas étranger à sa pratique. Elle développe des formes hybridées et des démarches collaboratives, génératrices de voies(x) nouvelles. C’est précisément dans cette lignée que le projet se déploie à Solférino : remplacer les histoires martiales par de nouveaux mythes.
Bestiaire impérial
Pour point de départ, elle puise un vaste bestiaire dans la faune, les emblèmes impériaux et les légendes des Landes : sanglier, huppe, aigle, abeille, Loup-garou, Drac, Bécut, Camecrude… En dessin, l’artiste hybride ces figures pour donner naissance à de nouvelles entités, proposées aux scolaires comme supports à l’écriture de récits fantastiques.
La magie opère. Les dessins prennent vie. Ils sont baptisés : Plumedor, Belipoulpe, Sigrouille, Crocnoir, Castorabois, Sanglille. Les histoires resteront orales, une transmission qui force l’échange. En revanche, les créatures seront visibles dans le village, coulées en bronze. Elles adoptent le style grandiloquent du Second Empire, tout en se fondant dans leur environnement par le choix d’une patine brune et de piédestaux inspirés de l’architecture. L’inauguration se veut être une fête durant laquelle se partagent et se dévoilent pas moins de 6 années de production collective : récits des enfants, chants par une chorale gasconne, fresques sociales écrites par des adultes, défilé de sculptures. Plus qu’un conciliabule, une véritable agora.
Hélène Dantic
Informations pratiques
Le Conciliabule, Lou-Andréa Lassalle-Villaroya,
œuvre pérenne visible à partir du 19 juin
La Forêt d’Art Contemporain, Solférino (40).