Au CIAP des Récollets, à Ciboure, jusqu’au 31 octobre, »Femmes du port » et « Fragment » met en lumière les figures féminines qui ont activement participé à l’économie maritime, contrairement à ce que pourrait laisser penser l’histoire écrite par et pour les hommes.
À rebours de la représentation de l’épouse éplorée qui attend le retour de son mari parti en mer, les deux expositions qui se tiennent dans cette ville historiquement liée à la pêche entendent démontrer l’importance du rôle actif qu’ont joué les femmes dans l’économie maritime au cours des cinq derniers siècles.
Contrer les récits dominants
Avec « Fragment », l’artiste Elena Veran Caron, originaire de Ciboure, et actuellement installée à Bruxelles, présente ses recherches autour des ramendeuses de ce port de la côte basque, aujourd’hui disparues. Longtemps invisibilisées et marginalisées, ces femmes travaillaient à réparer les filets de pêche. Faisant dialoguer narration, archives et textiles élaboré grâce à un travail d’enquête, l’étudiante en design textile reconstitue leur histoire, leur savoir-faire et les mécanismes d’oppression sous-jacents dans l’espoir de contrer les récits dominants.
À l’étage de l’ancien couvent, « Femmes du port » retrace plus largement l’histoire des femmes dans les activités maritimes et portuaires, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Entre figures mythologiques, superstitions, exclusions juridiques, répression et émancipation, la mer est présentée comme un miroir de la condition féminine. Aux côtés de panneaux informatifs, des témoignages filmés de militantes, marin-pêcheur, présidente d’association et gestionnaire du port viennent attester de l’évolution de cette histoire. Un hommage réussi où la promesse de donner la parole aux femmes et de réhabiliter leur place n’est pas restée vaine.
Flora Étienne
Informations pratiques
« Femmes du port » et « Fragment », Elena Veran Caron, jusqu’au samedi 31 octobre,
Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine Les Récollets, Ciboure (64).