Tinariwen, les ambassadeurs du blues saharien, guitares en bandoulière imprégnées de mélancolie assouf, défendent inlassablement la culture touareg dans le monde entier. Ce printemps, c’est à Seignosse et Cenon que la tournée fait étape.

Il aura fallu plus de 20 ans d’existence pour que Tinariwen accède à la notoriété internationale. On pourrait parler de revanche, mais pas sûr que les principaux intéressés le voient de cet œil. Véritable porte-parole d’une culture, d’une langue, d’une histoire, la formation à géométrie variable menée par Ibrahim ag Alhabib et Abdellah ag Alhousseyni avait déjà gagné la bataille au début des années 1990, en troquant les armes contre les guitares et le chant.

Authentiques rebelles

Fait rare dans le monde parfois poseur du rock’n’roll, les membres fondateurs de Tinariwen sont d’authentiques rebelles, luttant pour l’indépendance de l’Azawad ; territoire presque entièrement désertique situé dans le nord du Mali.

Après des premières cassettes distribuées sous le manteau pour remonter le moral des troupes, le groupe monte en gamme en enregistrant son premier album officiel sous la houlette des Angevins de Lo’jo. Cette collection précieuse de morceaux envoûtants, entre blues du désert et mélancolie de l’assouf (équivalent touareg de la saudade), saute aux oreilles des programmateurs du monde entier et de quelques stars du showbiz, comme Santana ou Robert Plant.

Conte de fées

La suite relève du conte de fées, entre tournées internationales, albums salués par la critique et collaborations remarquées. Sur leur nouvelle livraison, Hoggar (du nom du massif montagneux du sud de l’Algérie où l’album a été enregistré), on peut entendre notamment le timbre délicat du folkeux José González ou les magnifiques intonations de la Soudanaise Sulafa Elyas.

Et, derrière les guitares tantôt rageuses, tantôt empreintes de nostalgie, les chants oniriques et les percussions hypnotiques, toute l’histoire d’un peuple riche de luttes, de souffrance et d’espérance.

Benjamin Brunet

Informations pratiques

Tinariwen
vendredi 10 avril, 19h30,
Le Tube, Seignosse (40).

mercredi 13 mai, 20h30,
Le Rocher de Palmer, Cenon (33).