De Poitiers à Bordeaux, en passant par Vassivière, Rochechouart et Pau, plusieurs expositions majeures explorent la création sous toutes ses formes. Ces propositions artistiques offrent un panorama riche et engagé de la scène contemporaine.

FORCE DE CRÉATION

Sculptrice, peintre, dessinatrice de costumes et de décors, créatrice de mode et décoratrice d’intérieur, Sarah Lipska (1882-1973) est une artiste inclassable. Juive d’origine polonaise, elle arrive à Paris en 1912 et y demeure jusqu’à sa mort. Sa production protéiforme met en résonance différents médiums artistiques où circulent les motifs et les inspirations.

Le fond du musée Sainte-Croix, première collection publique mondiale d’œuvres de l’artiste, est enrichi par le prêt exceptionnel de près de 150 tableaux, sculptures, dessins, photographies, textiles et périodiques. Au fil d’un parcours thématique dévoilant ses différents secteurs d’activité, son réseau parisien mais également les multiples techniques qu’elle expérimente, cette première rétrospective d’ampleur en France invite à la redécouverte d’une créatrice fascinante.

  • A retenir : Cette exposition bénéficie du label « Exposition d’intérêt national ». « Sarah Lipska (1882-1973). L’art dans tous ses éclats », du vendredi 3 avril au dimanche 27 septembre, musée Sainte-Croix, Poitiers (86).

LE COURAGE DES OISEAUX

« Langues empruntées », sous le commissariat d’Alexandra McIntosh, réunit des artistes français et internationaux — Sol Archer & Giulia Zabarella, Richard Frater, Lola Gonzàlez, Olivier Messiaen, Yvonne Mullock, Armineh Negahdari, José María Sicilia, Jade Tang — dont le travail aborde des relations entre l’humain et l’oiseau à travers le langage, la traduction et l’imitation.

Composée de sculptures, d’installations, de peintures et de dessins, de vidéos et de photographies, la sélection d’œuvres explore les manières dont l’humain cherche à comprendre, transcrire et reproduire les chants et les comportements des oiseaux. En résonance avec la biodiversité de l’île de Vassivière, qui abrite plusieurs espèces protégées, l’exposition s’intéresse aux formes de perception et d’expression non humaines, à la recherche de formes de proximité entre les espèces.

L’ARBRE À VŒUX

Pour sa première exposition en Europe, l’artiste hongkongais Trevor Yeung est invité à investir la nef du Capc musée d’art contemporain de Bordeaux pour y déployer son univers empreint de magie et d’étrangeté. Il transforme l’architecture de l’ancien entrepôt de denrées coloniales en paysage artificiel, tel un vivarium à grande échelle composé d’un double arc-en-ciel, de soleils mutants ainsi que de champignons lumineux.

Né en 1988, dans la province du Guangdong, en Chine, Trevor Yeung est diplômé de l’Académie des arts visuels de l’Université baptiste de Hong Kong en 2010. Trevor Yeung mobilise l’écologie botanique, l’horticulture et les systèmes d’aquariums comme des dispositifs métaphoriques traduisant l’émancipation des désirs dans le champ des relations humaines. En orchestrant des systèmes à différentes échelles, Trevor Yeung interroge les logiques de contrôle, d’interdépendance et de vulnérabilité qui façonnent nos structures sociales et affectives.

ÉNERGIES MULTIPLES

Dans le prolongement de la célébration de ses 40 ans en 2025, le Musée d’art contemporain de la Haute-Vienne – château de Rochechouart invite le public à découvrir une exposition placée sous le signe du mouvement — un mouvement artistique, humain et institutionnel, qui traverse son histoire depuis quatre décennies et se projette résolument vers les quatre prochaines.

« Le musée en mouvement », proposition singulière et engagée, a été entièrement conçue, pensée et réalisée par les agents du musée, tous métiers confondus. L’ensemble de l’équipe s’est mobilisé pour faire émerger un projet collectif, reflet d’un musée vivant, en transformation, porté par ceux qui le font exister au quotidien. Puisant exclusivement dans les collections du musée, l’exposition offre un regard renouvelé sur des œuvres emblématiques, mais aussi sur des pièces rarement, voire jamais présentées, affirmant ainsi la richesse et la vitalité d’un fonds en constante redécouverte.

  • A retenir : « Le musée en mouvement », jusqu’au mardi 15 décembre, Musée d’art contemporain de la Haute-Vienne – château de Rochechouart, Rochechouart (87).

LA COMPLEXITÉ DU VIVANT

Conçue par Carlos Ávila, professeur à l’Université de Saragosse, « Gilles Clément. Jardins de papier— Paysages, graphies & utopies » invite à explorer la pensée du paysagiste à travers ses carnets de notes. Depuis les années 1980, Gilles Clément s’est imposé comme une figure majeure du jardin et du paysage, en France comme à l’international.

Plutôt que de revenir sur des aspects déjà largement connus, l’exposition met en lumière des facettes plus intimes et rarement explorées de son travail : écrits inédits, projets anciens ou non réalisés (notamment des jardins privés), ainsi que des archives personnelles – photos, croquis, références et textes. L’objectif est de retracer l’évolution de sa pensée et de mieux comprendre les fondements de son œuvre. L’exposition se prolonge dans les jardins avec la création d’un espace inédit, Un jardin en mouvement.

  • A retenir : « Gilles Clément. Jardins de papier— Paysages, graphies & utopies », jusqu’au dimanche 14 juin, château de Pau, Pau (64).

JunkPage