Le centre d’art contemporain de Labenne propose trois nouvelles expositions consacrées à Mona Cara, Clémence Elman et Augustin Rebetez.

Épousant le mouvement de la dune à laquelle il est adossé, l’élégant bâtiment se fait discret sous la pinède. À Labenne (Landes), le PARCC consacre ses 300 m2 d’exposition aux arts visuels contemporains, en faisant tourner les propositions temporaires.

Tisser la pop culture pour dénoncer le monde

Dans la grande salle, Mona Carla, diplômée des Arts décoratifs et des Beaux-Arts de Paris, a poussé au maximum les potentialités de programmation et de tissage des machines Jacquard. Elle dessine d’abord ses œuvres (on peut voir au mur des pages choisies de ses carnets) puis en confie les scans à un logiciel qui traduit les motifs en instructions mécaniques d’entrecroisement des fils.

De nombreuses images de culture pop ornent les compositions de son « Carnaval » : la sirène Ariel, Bob l’Éponge, Peppa Pig et son frère George, l’éléphant Dumbo, etc. Le propos n’est pas d’occuper les enfants (même s’ils adorent chercher et trouver ces Easter eggs), mais bel et bien de tisser pour alerter sur la surconsommation textile et de broder pour dénoncer le déni et l’inaction face aux urgences de notre époque, notamment écologiques.

Du chaos performatif à l’intime mélancolique

Dans la salle de projection, deux vidéos d’Augustin Rebetez tournent en boucle. On y voit, dans les grandes lignes, des mecs et des meufs vénères du Jura suisse défoncer des trucs et se péter la gueule dans une transe trash à la Jackass, montée ultra cut.

Dans « Liquid panic », la confrontation se fait avec l’eau sous toutes ses formes, y compris la glace et la vapeur, comme en un beer pong de l’extrême ou un délire de Shadoks échappés de prestigieuses galeries de Zurich ou Neuchâtel. De quoi apporter pas mal d’eau, justement, au moulin des contempteurs de l’art conceptuel et, globalement, à ceux qui pensent que ces spécimens d’originaux agités seraient plutôt à enfermer, surveiller et soigner.

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Le retour au calme se fait avec Clémence Elman dans la petite salle adjacente, quand bien même elle prétend que « Tout est chaos ». Une enceinte diffuse une ambiance sonore de plage déserte. L’artiste a rassemblé des souvenirs de vacances en famille (des photos prises par sa maman, entre Pyrénées et côte landaise), mais elle n’y voit que fin de l’humanité, vulnérabilité de l’enfance ou chaos originel, superposant, comme on dit dans les feuilles de salle, les niveaux de lecture.

Guillaume Gouardes

« Carnaval », Mona Cara, « Tout est chaos », Clémence Elman, « Liquid Panic », Augustin Rebetez jusqu’au dimanche 3 mai, PARCC, centre d’art, Labenne (40).