Du 15 au 22 juillet avec le festival de Saintes, la petite commune de Charente-Maritime reste un solide point d’ancrage des musiques anciennes en France. Mais sans s’interdire des incursions dans les répertoires des XIXe et XXe siècles, ni des approches plus décalées avec une double invitation lancée à Shirley et Dino.

« Le changement dans la continuité » : désolé pour le poncif pompidolien, mais c’est bien ce qu’inspire le festival de Saintes du 15 au 22 juillet. D’un côté, un nouveau directeur artistique — Hervé Niquet, claveciniste, ténor et directeur musical du très recommandable Concert spirituel —, et une invitation un peu surprenante lancée à Shirley et Dino, récitants du Carnaval des animaux de Saint-Saëns, puis présentateurs de l’Orchestre d’harmonie de la Garde républicaine (Beethoven, Debussy, Offenbach…), pour un concert en plein air en clôture du week-end du 14 juillet.

De l’autre, une répartition entre deux tiers de musiques anciennes et un tiers de répertoires classique et romantique qu’on observe depuis les années 1990. Et le même équilibre entre grands anciens (Philippe Herreweghe, William Christie) et jeunes pousses plus que prometteuses (Justin Taylor, Théotime Langlois de Swarte…).

Au festival de Saintes, on ne fait pas dans le racoleur

Ne rien s’interdire, c’est rester fidèle à l’esprit pionnier de ce festival lancé en 1972, revendiquent les organisateurs. Ça ne veut pas dire faire n’importe quoi. À Saintes, on ne fait pas dans le racoleur, et plusieurs concerts s’annoncent comme des événements : Les Variations Goldberg par Jean Rondeau au clavecin ; un concert spatialisé de La Tempête sur de fausses funérailles de Charles Quint organisées par Charles Quint lui-même (!) ; Jean-François Heisser à la tête de l’Orchestre de chambre Nouvelle-Aquitaine dans un programme à la lisière du jazz et du symphonique (Gershwin, Ravel) …

Et aussi deux journées thématiques dédiées à l’Angleterre (Purcell, Dowland ou Hume joués par Le Banquet Céleste, Les Arts Florissants ou Lucile Boulanger) et à l’Italie (Monteverdi ou Caldara par le Galilei Consort ou l’ensemble Mozaïque). Ou des concerts gratuits chaque matin à 9 heures dans l’abbatiale, entre répertoire grégorien et pièces d’orgue.

Faire résonner la musique tout au long de la journée, ça aussi c’est être fidèle à l’esprit du festival.

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Informations pratiques

Festival de Saintes,
du samedi 15 au samedi 22 juillet,
Saintes (16).

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