Après six ans de projets hors les murs, l’association BAM projects a ouvert un lieu permanent à Bordeaux, se positionnant en tant que galerie associative. Une nouvelle offre dans la cité en plus de Bakery Art Gallery et la Galerie Magnetic. Échange avec Marie Ladonne, co-directrice.
Pourquoi ouvrir un lieu physique à Bordeaux alors que BAM projects était, jusqu’à présent, principalement identifiée pour ses projets territoriaux ?
C’est la conjonction de la disponibilité d’un local et d’un besoin stratégique. Depuis 2018, nous occupions un espace partagé qui ne nous permettait pas une diffusion régulière. Lorsque nous nous sommes retrouvées seules gestionnaires du lieu, la question s’est posée : fallait-il reprendre des colocataires ou en faire un véritable outil d’exposition ? Au bout de six ans, le besoin d’une « caisse de résonance » à Bordeaux est devenu évident.
Nos projets de territoire sont passionnants et exigeants : déployés sur des temporalités longues, complexes dans l’articulation multi-partenariale. Il devenait difficile d’y déplacer le public professionnel. Ce lieu bordelais nous offre une actualité permanente et plus accessible. C’est un espace où l’on maîtrise le temps, avec des formats d’exposition plus courts qui nous permettent de collaborer avec davantage d’artistes.
Vous affichez désormais clairement le terme de « galerie ». Pourquoi ce choix de vous positionner sur le secteur marchand ?
C’est d’abord un outil de soutien, pensé avec les artistes : au-delà des droits de présentation, la vente reste un levier décisif pour leur permettre de vivre de leur travail. En assumant cette dimension de galerie, nous cherchons à créer un modèle vertueux. L’activité commerciale aide à consolider nos moyens de production pour accompagner les expositions suivantes.
Nous avons donc structuré l’espace en deux volets. D’un côté, la programmation artistique pure, reflet de notre intérêt pour les scènes régionales et nationales. De l’autre, un espace collection, pensé comme un cabinet de curiosités, avec une sélection d’œuvres qui entrent davantage dans un format commercial.
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Quel est le profil de vos acquéreurs et vers quels types d’œuvres s’orientent-ils ?
Principalement des primo-acquéreurs plutôt que des collectionneurs traditionnels. Des gens curieux, souvent des fidèles de l’association, qui franchissent le cap de l’achat. C’est une forme de médiation : on leur apprend qu’investir dans l’art n’est pas forcément une question de spéculation ou de « cote », mais de côtoyer une œuvre au quotidien.
Pour favoriser cela, nous adaptons les formats et les prix : à partir de quelques dizaines d’euros et en restant majoritairement sous les 1 000. C’est pourquoi nous avons beaucoup d’œuvres imprimées et de la photographie. On constate que ce sont surtout les œuvres murales qui partent le plus facilement. Toutefois, la petite céramique ou les objets usuels fonctionnent aussi très bien, car ils s’intègrent facilement dans un foyer.
Hélène Dantic
Article extrait du dernier supplément d’Astre paru dans le numéro d’avril de junkpage